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H2O et Natixis reprennent leur souffle
La semaine dernière, l'une des filiales de Natixis a subi des retraits massifs de la part des investisseurs, après qu'une série d'articles du Financial Times a révélé l'exposition d'H2O Asset Management aux obligations très peu liquides de sociétés appartenant à Lars Windhorst, un financier allemand aux antécédents juridiques. La méfiance s'est alimentée d'un conflit d'intérêt apparent, puisque le directeur général d'H2O Bruno Crastes siégeait encore vendredi au conseil consultatif de la holding, avant d'accepter une démission. En trois jours, les actions de la société mère de H2O ont chuté de 14 %.
Une punition injuste, qui montre l'influence violente de la presse et des agences de notation - Morningstar a abaissé jeudi la note de l'un des fonds d'H2O, ce qui a accéléré la chute de la valeur - sur le cours d'une société, qui dans ce cas particulier agit pourtant en parfaite légalité. H2O a investi jusqu'à 1,4 milliards d'euros dans des obligations controversées sur un portefeuille total de 30 milliards d'euros. C'est un peu plus de 4 % du total. Nous sommes donc encore loin de la limite fixée à 10 % par la loi européenne.
Et pourtant, Natixis et sa filiale ont préféré réagir face à un tel exode des investisseurs, une expérience en fait idéale pour prouver que la holding est capable d'assurer la liquidité des titres et permettre éventuellement des retraits supplémentaires. H2O a annoncé avoir cédé certaines obligations privées de son portefeuille, et l'avoir réévalué.
Quant à la présence de Bruno Crastes au conseil consultatif d'H2O, la société le justifie par la nécessité de suivre de près les investissements d'H2O dans les différentes sociétés de Lars Windhorst sur le plan de la gouvernance, soulignant que l'homme n'a aucun intérêt personnel dans cette fonction. H2O a également rappelé qu'au sein de ce conseil, aucune information confidentielle n'est partagée. Dans une vidéo de près de dix minutes, Bruno Crastes a par ailleurs choisi de s'exprimer sur l'affaire. Il revient longuement sur la parfaite légalité des opérations et sur les relations "d'affaires" qu'il entretient avec l'homme d'affaires allemand.
L'action Natixis reprenait un peu plus de 2 % à 16 heures aujourd'hui.
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