Fusions, Acquisitions / Natixis / BPCE / Laurent Mignon
Fusions, Acquisitions
Natixis / BPCE / Laurent Mignon
Le coup de maître de Laurent Mignon
WanSquare a publié dès hier soir les termes de l’opération conclue entre les conseils de BPCE et de Natixis, visant à délester cette dernière d’activités secondaires comme l’affacturage, les garanties et cautions ou autres métiers, certes nécessaires, mais consommatrices de fonds propres et qui peuvent être mieux valorisées au sein de la clientèle des Caisses d’Epargne et des Banques Populaires.
Il s’agit de la première grande opération au sein de BPCE depuis que Laurent Mignon a succédé à François Pérol en tant que président du directoire. Une opération qui n’a que des avantages pour les actionnaires de la banque mutualiste.
D’abord ce projet d’acquisition intra-groupe va permettre à BPCE de proposer une meilleure articulation des offres et de l’expérience client, d’accélérer la mise en marché de solutions à forte valeur ajoutée et d’optimiser la qualité de réponse aux nouvelles attentes des clients, et notamment aux usages digitaux. Mais surtout pour financer en partie cette acquisition Laurent Mignon va devoir faire appel aux Banques Populaires et aux Caisses d'Epargne à hauteur de quelques centaines de millions d'euros. Ce sera pour lui un test de légitimité important qu’il ne devrait pas avoir trop de difficulté à franchir dans la mesure où ses actionnaires percevront un résultat net supplémentaire d'environ 80 millions d'euros par an, à l'horizon 2020, ainsi qu’un dividende revu à la hausse.
Pour Natixis, l’opération est positive à tous points de vue. Les ratios de fonds propres sont nettement améliorés, alors qu’ils étaient déjà élevés. Mais surtout la banque que Laurent Mignon a si brillamment redressée lorsqu’il est arrivé dans les bagages de François Pérol, va voir ses marges de manœuvres s’accroître dans le domaine de la croissance externe. A un moment où il existe un profond mouvement de consolidation au niveau mondial dans le domaine de l’asset management. Le rachat d’AXA Investor Management avait échoué de peu il y a un an. Il aurait été pourtant bien utile à AXA pour financer le rachat de XL. Le métier va se concentrer et Natixis sera aux premières loges.
Pour une première opération à la tête de BPCE Laurent Mignon a donc signé un coup de maître. Il lui reste maintenant à en convaincre des actionnaires souvent irrationnels.
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