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BPCE / Natixis / Laurent Mignon / Nicolas Namias / Global Financial Services / provisionnement / Coût du risque
BPCE fait le dos rond face à la baisse des marchés / La politique de provisionnement reste prudente
"J’ai eu le privilège de vous présenter 54 trimestres de résultats, ceux de Natixis d’abord, puis ceux du groupe BPCE". Avant de passer dans quelques semaines le relais au patron de Natixis Nicolas Namias, Laurent Mignon, qui préside le directoire de BPCE depuis 2018, s’est livré mercredi une dernière fois à l’exercice à l’issue d’un "trimestre solide" réalisé dans "un contexte économique et financier plus difficile, marqué par un niveau d’inflation élevé, une forte volatilité sur les marchés et une progression rapide des taux", a-t-il commenté.
Le groupe BPCE a enregistré au troisième trimestre une croissance de 0,2% de son produit net bancaire qui s’est établi à 6,3 milliards d’euros. Par rapport à la progression de 5,5% du premier semestre, le groupe bancaire mutualiste a subi le ralentissement de la gestion d’actifs, l’un de ses grands métiers.
Le pôle Global Financial Services, qui regroupe les activités de Gestion d’actifs et de fortune ainsi que les activités de la Banque de Grande Clientèle de Natixis, a souffert du contexte économique au troisième trimestre. La conjonction d’indices actions en recul de 20 à 30% depuis le début de l’année et d’indices de marchés obligataires en repli de 15 à 20% ont affecté "très directement" les deux premiers métiers, a expliqué Nicolas Namias. C’est l’une des particularités de l’établissement par comparaison aux autres grandes banques françaises. "Relativement à d’autres acteurs français, ce poids est plus important et cela se reflète donc dans nos résultats", a concédé Laurent Mignon.
Autre phénomène auquel la banque est particulièrement exposée, celui de la hausse des taux de l’épargne réglementée, la Caisse d'Epargne étant le distributeur historique du Livret A. "Le poids dans notre marge nette d’intérêt de la hausse du coût des ressources est plus important aujourd’hui que le bénéfice de la hausse des taux dans nos nouveaux crédit ", a expliqué Laurent Mignon. Un décalage appelé à "perdurer quelques trimestres", selon le dirigeant.
Marque de fabrique
Par conséquent, tandis que le résultat brut d’exploitation de BPCE a reculé de 5,8% sur la période, à 2,05 milliards d’euros, le résultat avant impôts de BPCE a lui diminué de 8,7% à 1,73 milliard d’euros. Et le résultat net s’est établi à 1,3 milliard d’euros, en baisse de 3% par rapport au troisième trimestre 2021, intégrant 184 millions d’euros de provision pour risques futurs, pour un coût du risque de 347 millions d’euros. BPCE a gardé "comme depuis plusieurs trimestres une politique de provisionnement prudent, la marque de fabrique d’un groupe comme le nôtre", a souligné Laurent Mignon.
Et quand bien même les perspectives de la gestion d’actifs ne devraient pas connaître d’embellie à court terme, le groupe bancaire a déjà engrangé 3,4 milliards d’euros de bénéfice net sur neuf mois, prêt à dépasser son record de bénéfice net de 4 milliards d’euros atteint l’année dernière.
A plus long terme, si Laurent Mignon ne prévoit pas que la valeur des actifs "remonte de façon spectaculaire dans les mois qui viennent", l’asset management demeure selon lui "un atout" en tant que "métier de stock relativement stable". De plus, bien que la gestion d’actifs puisse subir une baisse de sa rentabilité à certaines périodes, elle "ne porte pas de risque en termes de capital", a rappelé le dirigeant. La solvabilité du groupe bancaire s’est d’ailleurs améliorée au troisième trimestre. Le ratio Common Equity Tier 1 (CET1) du groupe BPCE s’élevait à un niveau estimé de 15,1% à fin septembre, contre 14,9% à fin juin 2022, très au-delà des exigences prudentielles de fonds propres.
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