Macro-économie / Taux / BPCE / forum Oddo BHF / Laurent Mignon
Macro-économie / Taux
BPCE / forum Oddo BHF / Laurent Mignon
ODDO BHF LIVE : "Il n’y aura plus de mondialisation", estime Laurent Mignon
Dans le débat sur la pérennité de l’inflation actuelle, Laurent Mignon, président du directoire du groupe bancaire français BPCE, estime que le phénomène est plus structurel que conjoncturel. D’abord parce que les éléments conjoncturels, liés notamment à l’engorgement des chaînes d’approvisionnement mondiales provoqué par le confinement en 2020, s’estompent. Ensuite, parce que les facteurs de long terme qui maintenaient l’inflation à des niveaux historiquement faibles – à savoir la mondialisation qui a tiré les prix vers le bas et la numérisation qui a permis des gains de productivité – ne joueront plus ce rôle.
Selon Laurent Mignon, qui s’exprimait à l’occasion du Oddo BHF Live, événement numérique annuel auquel participe une cinquantaine de décideurs internationaux invités par la banque indépendante franco-allemande aujourd’hui et mardi, deux évolutions structurelles majeures récentes plaident pour une inflation de long terme : la remise en cause de la mondialisation et le changement climatique.
"Il n’y aura plus de mondialisation. Nous assisterons des phénomènes de régionalisation dans certains cas, mais plus de mondialisation telle que nous l’avons connue jusqu’à présent", a-t-il affirmé. La pandémie, en provoquant la mise en place de restrictions de déplacement, a en effet montré les limites de la mondialisation en bouleversant les chaînes d’approvisionnement très internationalisées, et en mettant en évidence la nécessité de défendre une souveraineté nationale ou régionale dans certains domaines, comme la santé et la technologie.
Le changement climatique est, lui, la plus grande transformation auquel le monde doit faire face pour les cinquante prochaines années. "La décarbonation des activités humaines va modifier la manière dont les gens travaillent. Nous devons évoluer vers de nouvelles sources d’énergie. Cette nécessité va pousser les prix vers le haut ; la valeur des biens va augmenter ", estime Laurent Mignon. De quoi alimenter une inflation structurelle.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

