Publications, Résultats / Scor / Résultats trimestriels / Conflit Russie-Ukraine / Crise sanitaire / Coût du risque
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Scor / Résultats trimestriels / Conflit Russie-Ukraine / Crise sanitaire / Coût du risque
Scor joue la carte de l’anticipation
Pas de surprise chez le réassureur Scor. Comme annoncé au marché le 15 avril dernier et moins d’un mois après son profit warning, le groupe a confirmé, ce vendredi, une perte nette au premier trimestre 2022 de 80 millions d’euros contre un profit de 45 millions d’euros à la même période l’année dernière. "C’est la conjonction de facteurs d’éléments de catastrophes naturelles, de la pandémie et de la guerre en Ukraine survenue début février qui aboutit à ce résultat négatif ", s’est expliqué Laurent Rousseau, directeur général de Scor, lors de la conférence de presse de présentation des résultats des trois premiers mois de l’année. Un phénomène loin d’être exceptionnel pour ce dernier qui fait état de cinq années successives d’évènements particulièrement volatils pour le secteur.
Malgré ce contexte difficile, la marge de solvabilité du groupe résiste particulièrement bien au premier trimestre avec un ratio à 240%. Un niveau supérieur à celui de la fin de l’année 2021 (226%) et une bonne nouvelle pour le groupe qui se félicite de pouvoir afficher des éléments de stabilité du bilan. Le consensus d’analystes se montrait, quant à lui, encore plus optimiste en prévoyant une marge de 240% à fin mars compte tenu de la hausse des taux d’intérêts en Europe.
Décalage de l’impact Covid
Mais consciente de l’incertitude macro-économique (l’inflation et la politique monétaire) et géopolitique, l’entreprise opte pour une stratégie d'anticipation et se concentre en priorité sur la réduction de son exposition au risque de catastrophe naturelle. Pour cela, alors que le groupe avait annoncé, le 1er janvier dernier, une réduction de ses engagements à ce type de sinistre de 11% pour l’année 2022, celle-ci est révisée à 15%.
Par ailleurs, sur sa branche réassurance-vie et constatant des effets des retards dans la communication des informations sur les décès dus au virus de la Covid-19 aux Etats-Unis où il est le troisième acteur du secteur, Scor inscrit 195 millions d’euros d'impact total de la pandémie au premier trimestre, dont la moitié était déjà provisionnée. Un chiffre qui correspondrait en grande partie au troisième trimestre 2021 Outre-Atlantique, la mortalité des moins de 65 ans ayant connu un pic. "Il faut prendre en compte le décalage entre la réalité de la pandémie aujourd’hui et la très forte baisse du nombre de décès avec ce qui transparaît dans nos comptes ", a souligné Laurent Rousseau.
Une précaution sur l’Ukraine
En outre, si à ce stade, le réassureur n’a pas encore reçu de notification formelle de sinistre liée à la guerre en Ukraine et ne connaît toujours pas la police d’assurance à y appliquer, il a décidé, en prévision, de réserver dans ses comptes une enveloppe préliminaire de 85 millions d’euros. "Il faut la voir comme une réserve de précaution et raisonnable compte tenu de l’évaluation des risques estimée ", assure Romain Launay, directeur général adjoint de Scor Global P&C. Une prudence d’autant plus indispensable pour le groupe qu’en tant que réassureur global, il se sait inévitablement exposé à un futur impact.
Report de l’Investor day
Concernant l’annonce de ses perspectives financières à long terme, le groupe a fait le choix de reporter son "Investor day ", prévu à la fin du mois de mars dernier. "Compte tenu du déclenchement de la guerre en Ukraine, c’était le bon choix à faire. Nous ne sommes pas à l’abri de quelques surprises ", prévient le directeur général de Scor. Il procédera donc en deux temps pour présenter ses hypothèses de rendement : un premier point stratégique est prévu à la fin du mois de juillet prochain alors qu’une journée complète dédiée aux investisseurs aura lieu début novembre. Cette stratégie semble d’ailleurs séduire le marché puisque ce vendredi, l’action du réassureur progressait de 2% à 26,6 euros en milieu d'après-midi.
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