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Vallourec / Résultats trimestriels / Restructurations
Une réorganisation vitale pour Vallourec
Sacrée entrée en matière ! Pour sa première présentation de résultats financiers depuis son arrivée à la tête du groupe Vallourec, il y a à peine deux mois, Philippe Guillemot a eu la lourde tâche d’annoncer des suppressions de postes permanents d’ici la fin de l’année 2023.
Ainsi, 2950 collaborateurs sur les 17 000 que comptent le parapétrolier à travers le monde vont perdre leur emploi. Si le plus gros de la charrette concernera l’Allemagne avec 2400 postes supprimés, 320 toucheront la France dont 65 au siège de Vallourec à Meudon et 250 dans le Nord, répartis entre une centaine sur l’unité de traitement de Saint-Saulve, une autre sur celui d’Aulnoye-Aymeries et une cinquantaine au sein du centre de services partagés de Valenciennes. “J’ai pleinement conscience des efforts que cela implique et de l’impact que ces décisions auront sur nos collaborateurs dont le poste est supprimé. Mais c’est une étape nécessaire dans l’histoire de Vallourec“, a reconnu Le président-directeur général du groupe.
Un coup dur qui était redouté par les salariés mais le patron du spécialiste des tubes en acier sans soudure l’assure : “Un plan d’accompagnement de reclassement des collaborateurs dans un emploi hors du groupe sera mis en place. D’ailleurs, en France, un tiers des postes supprimés ont déjà trouvé une solution à travers notamment des départs en retraite et pré-retraite ou des reclassements en internes”, a tenu à préciser Philippe Guillemot, lors d’une conférence de presse accordée ce mercredi soir.
Pour une rentabilité durable
Ce sacrifice - jugé “vital pour le groupe” selon son PDG - fait partie du plan “New Vallourec” qui est destiné à accélérer la transformation du groupe, l’idée étant de privilégier la valeur sur le volume. “Ce projet doit garantir à Vallourec une performance opérationnelle et une rentabilité durable sur son cœur de métier historique, quelles que soient les conditions de marché, - ce qui n’a jamais été le cas- , afin de restaurer les marges nécessaires aux investissements futurs”, a souligné Philippe Guillemot.
Pour cela, et alors que le PDG sort tout juste d’une tournée internationale des différents sites du groupe, une évolution significative de l’organisation industrielle va être engagée. “Face à l’incapacité d’être compétitif pour servir les marchés internationaux à partir d’une base industrielle européenne, le groupe fera de son site au Brésil le centre de production de produits pétrole et gaz destiné aux marchés internationaux. Ceci permettra à Vallourec de bénéficier de sa compétitivité en coût et de sa meilleure empreinte carbone”, a-t-il déclaré ce mercredi soir. C’est cette décision qui entraîne la fermeture définitive de Vallourec Deutschland, “qui perd en moyenne 100 millions d’euros par an depuis 7 ans”, selon la direction du groupe, et la suppression de postes en France.
Malgré cette réorganisation, Vallourec conforte le centre de décision mondiale et du pilotage du groupe en France. “Tout cela est absolument nécessaire pour assurer l’avenir de Vallourec et éviter que la restructuration financière du groupe qui a eu lieu l’année dernière ne soit pas suivie d’effet”, a affirmé le président-directeur général de Vallourec.
Réussir la restructuration financière
Avec ce plan, le groupe espère un impact sur l’excédent brut d'exploitation (EBITDA) de 230 millions d’euros en année pleine et récurrente à partir de 2024. Il faut dire que le groupe est loin d’être sorti d’affaires. Son EBITDA du premier trimestre 2022 ne s’élève qu’à 45 millions d’euros, bien inférieur à celui du même trimestre 2021(80 millions d’euros). “Cette baisse est due à la suspension de nos opérations dans notre mine de fer au Brésil. Sans cet évènement, l’EBITDA aurait été de 130 millions d’euros”, a-t-il ajouté.
Par ailleurs, si Vallourec a généré un chiffre d’affaires de 916 millions d’euros au cours de trois premiers mois de l’année, en hausse de 30,5% sur an grâce au marché Nord-américain, le flux de trésorerie disponible est, en revanche, de -230 millions d’euros en raison d’un besoin en fonds de roulement de 217 millions d’euros, dû notamment à l’augmentation des prix des matières premières et aux effets de change.
L’EBITDA de l’année 2022 devrait néanmoins être nettement supérieur à celui de l’année dernière, selon le groupe, grâce notamment à une reprise des activités de la mine brésilienne dont il a, de nouveau, obtenu l’autorisation d’exploitation pour trois mois. “Nous espérons même une utilisation de la mine à 100% de ses capacités sur le second semestre”, a avancé le groupe.
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