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Vallourec / Philippe Crouzet / Olivier Mallet
Philippe Crouzet ou l’honneur d’un Capitaine
Vallourec a annoncé hier soir que Philippe Crouzet, son Président du Directoire, n’a pas souhaité voir son mandat renouvelé. Si bien qu’il quittera définitivement son poste à l’issue de la prochaine assemblée générale des actionnaires du groupe, c’est-à-dire le 15 mars prochain. Naturellement le conseil de surveillance, présidé par Vivienne Cox, une ancienne dirigeante du groupe BP, était averti de ses intentions. Le comité des nominations a donc mené un processus de recherche aussi bien en interne qu’en externe. Et finalement les membres du conseil de surveillance ont choisi Édouard Guinotte, afin de succéder à Philippe Crouzet. C’est donc un changement dans la continuité puisque le futur patron du groupe y a fait toute sa carrière au point d’intégrer le comité exécutif il y a deux ans. À noter qu’à ses côtés, au directoire, figurera toujours Olivier Mallet, le directeur financier de Vallourec.
Philippe Crouzet a pris bien des coups, notamment au cours des dernières années, en raison de la situation difficile de Crouzet, de l’aléa qui pesait sur son bilan, et des coups de boutoir donnés par des fonds activistes peu scrupuleux qui ont fait de Vallourec un bouc émissaire en vendant le titre à découvert, de manière à mettre l’entreprise au tapis. Après des années à la tête de ce groupe, il aurait pu décider de jeter l’éponge plus tôt. Mais l’honneur de Philippe Crouzet aura été de mener à bien toutes les restructurations nécessaires. De fait, aujourd’hui, même si le groupe a encore affiché une perte de 167 millions d’euros au premier semestre, celle-ci a de nouveau dégagé un cash-flow positif pour la première fois depuis longtemps, au cours du deuxième trimestre. Ce qui témoigne du rétablissement progressif de Vallourec dont le chiffre d’affaires a progressé de 8 % depuis le début de l’année. Par ailleurs on a appris récemment que le groupe a remporté une méga commande de 900 millions de dollars aux Émirats arabes unis auprès d'Abu Dhabi National Oil Company.
Ces dix années passées à la tête de Vallourec, à la suite de Jean-Paul Parayre, n’ont pas été un long fleuve tranquille pour Philippe Crouzet, énarque et membre du conseil d’État, passé par Saint-Gobain et sa prestigieuse direction du Plan. Vallourec qui est un gros fournisseur de l’industrie pétrolière a souffert de la chute des prix du brut et donc du ralentissement des investissements d’exploration-production. Entre 2014 et 2018, Vallourec a été contraint de réduire ses effectifs d’un quart. Ce qui a dû être un crève-cœur pour un patron dont chacun reconnaît l’intensité de la fibre sociale. Mais il part la tête haute, avec l’assurance d’avoir redressé ce groupe, de l’avoir remis sur ses rails et d’avoir comme successeur un dirigeant de qualité.
Âgé de 48 ans, diplômé de l'École des Mines de Paris, Édouard Guinotte est titulaire du Management Program de l'Insead. Il a intégré Vallourec en 1995 comme responsable logistique et production de Vallourec Composants Automobile. De 1998 à 2000, il a été contrôleur de gestion au niveau du Groupe avant de devenir directeur d'entité opérationnelle au Mexique pendant trois ans. En 2004, il est revenu dans la division Automobile en tant que directeur marketing avant de devenir en 2007 directeur Stratégie et Développement de l'activité Pétrole et Gaz du Groupe où il a mené en particulier les projets d'acquisition des premiers 20 % de Tianda ainsi que l'acquisition de Vallourec Saudi Arabia. De 2011 à 2014 il a été Président de Vallourec USA, basé à Houston, conduisant la politique commerciale et le doublement des ventes de Vallourec aux États-Unis à la suite du démarrage de la nouvelle usine de Youngstown. Depuis 2017, il est Senior Vice-Président, membre du Comité Exécutif du Groupe en charge du Moyen-Orient et de l'Asie.
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