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Vallourec / Emploi

L’heure de vérité de Vallourec

Le fabricant de tubes sans soudure, qui organise son assemblée générale virtuelle aujourd’hui, a annoncé la suppression de plus de 900 emplois en Amérique du Nord. Dans les conditions actuelles, le projet d’augmentation de capital est reporté, et le groupe doit surveiller son cash au plus près.
Vallourec
Vallourec

Edouard Guinotte, qui vient de prendre la présidence du directoire de Vallourec le 15 mars dernier à la suite du vétéran Philippe Crouzet, subit un véritable baptême du feu. Aujourd’hui, il va tenir une forme inédite de réunion de ses actionnaires : une assemblée générale virtuelle, au cours de laquelle les teneurs de parts vont, parmi d’autres choses, voter le principe d’une augmentation de capital de 800 millions d’euros. Celle-ci, annoncée il y a plusieurs mois et qui devait avoir lieu au deuxième trimestre, ne sera probablement pas lancée dans les conditions de marché actuelles.

Mais le groupe, qui avait déjà suspendu ses objectifs 2020 et notamment cité le coup d’arrêt à l’activité en Amérique du Nord, où "de nombreux opérateurs du pétrole et gaz non conventionnel annoncent leur volonté de réduire fortement leurs plans de forage", a pris des mesures drastiques. Il a annoncé ce matin la suppression de plus de 900 emplois dans la région, soit plus du tiers de ses effectifs, et indiqué travailler à la réduction de ses coûts fixes et investissement.

Le fabricant de tubes sans soudure a été l’une des premières victimes de la crise du Covid-19, lorsque ses quatre usines chinoises ont tourné au ralenti pendant près de trois mois. Mais aujourd’hui, la décision de l’Arabie Saoudite d’augmenter sa production à 12 millions de barils par jour, qui a entraîné une chute brutale d’un tiers des prix du brut en mars – inédite depuis la Guerre du Golfe en 1991 - et un coup de tonnerre sans précédent pour les acteurs pétroliers, risque d’impacter directement Vallourec, principal fournisseur du secteur. Mi-mars, Rystad Energy prévoyait que si le baril de Brent se maintenait autour de 30 dollars – il s’échangeait à 33 dollars ce matin – cela entraînerait une baisse de 15% des dépenses d’exploration-production en 2020, soit 100 milliards de dollars. Et même 150 milliards de dollars en 2021.

Des coupes drastiques qui réduisent d’autant les perspectives économiques de Vallourec. C’est ce qu’a pris en compte l’agence Standard & Poor’s lorsqu’elle a dégradé la note du groupe parapétrolier fin mars de B- à CCC+, et l’a placé sous examen dans l’attente de "développements". Si Philippe Crouzet avait tenu à annoncer une augmentation de capital destinée à parachever sa restructuration financière avant son départ, celle-ci est reportée sine die, "lorsque les conditions le permettront", a indiqué le groupe. Les deux actionnaires principaux, Bpifrance et le japonais Nippon Steel avec chacun plus de 14% du capital, ont néanmoins déjà répondu présent sur le principe.

Mais dans un environnement aussi dégradé, Vallourec a tout intérêt à gagner du temps avant de faire appel aux investisseurs. Le titre a repris un peu d’air : après avoir chuté de près de 70 % en un seul mois, il a rebondi de 45 % depuis la mi-mars. Et le groupe n’a pas de problème de trésorerie, avec une position de cash à plus de 2 milliards d’euros en février dernier. La chasse aux économies, comme l’annonce de ce jour, sera le meilleur moyen à court terme de montrer sa capacité à faire le dos rond, en attendant des jours meilleurs.

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