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Politique économique / Donald Trump / Etats-Unis / Midterms / Elections

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Donald Trump / Etats-Unis / Midterms / Elections

Élections de mi-mandat : les jeux ne sont pas faits

Lors des élections « midterms » demain aux États-Unis, les démocrates espèrent renverser la Chambre des Représentants, les "early votes" sont massifs et les hommes blancs diplômés détiennent les clés du scrutin. WanSquare vous livre une analyse des enjeux.
Drapeau Etats-Unis
Drapeau Etats-Unis

Donald Trump n’aura pas ménagé sa peine pour défendre les candidats républicains lors des élections de mi-mandat qui se dérouleront demain aux États-Unis. Il s’est rendu à une trentaine de meetings à travers tout le pays pour soutenir les prétendants à la Chambre des Représentants et au Sénat, mais aussi associer définitivement ce scrutin à sa personne, dans une Amérique plus polarisée que jamais.

Pour bien comprendre les enjeux, revenons à la situation actuelle : les républicains contrôlent les deux chambres du Congrès, ils ont une majorité de 235 sièges contre 193 pour les démocrates à la Chambre des Représentants (7 sièges sont vacants), et 51 contre 49 au Sénat. Lors de cette élection, l’intégralité des membres de la Chambre vont remettre leur poste en jeu, mais ce sont en réalité 30 sièges qui sont encore indécis, les autres étant plus ou moins acquis par chacun des deux camps. Plusieurs scrutins individuels sont regardés de près et, selon le Washington Post, 14 des 15 sièges qui pourraient changer de camp iraient côté démocrate. Le parti détient une majorité de 8 points sur le parti républicain dans les sondages globaux et, même si cela n’est pas révélateur dans un pays où le découpage territorial influence beaucoup l’un ou l’autre parti, il donne une tendance. Selon le site FiveThirtyEight d’ABC News, les démocrates ont aujourd’hui 87,5 % de chances de renverser la Chambre des Représentants en leur faveur.

Du côté du Sénat, l’élection ne concerne que 35 sénateurs sur 100, si bien qu’elle a moins de chances de passer côté démocrate, et même les républicains ne détiennent qu’une majorité infime d’un siège. Car le scrutin actuel favorise les républicains : les démocrates doivent défendre leurs 26 sièges parmi les 35 en jeu, et pour la plupart dans des États qui ont voté pur Donald Trump en 2016. Le Dakota du Nord, l’Indiana et le Nevada sont les trois États qui pourraient le plus probablement basculer côté conservateurs. Les chances des démocrates ne sont ainsi estimées qu’à 16,8 % côté Sénat, toujours selon FiveThirtyEight.  

L’enjeu est également de mobiliser les foules, alors que le taux d’abstention est en général de 60 % pour ces élections. Et de ce point de vue, l’élection de Donald Trump et la forte polarisation de la politique américaine ont eu l’effet escompté : samedi, 31,5 millions de personnes avaient voté en avance dans 22 États, soit autant que le total des votes en avance en 2014 – même si on n’est pas encore au niveau des 47 millions de l’élection présidentielle de 2016.

À noter enfin qu’un nombre record de femmes des deux bords politiques se sont présentées à cette échéance électorale, ce qui a conduit à surnommer ce scrutin "l’année des femmes" en référence à la dernière de ce type, en 1992. Pas moins de 234 femmes sont candidates pour entrer ou rester à la Chambre et 22 pour le Sénat, mais une majorité sont démocrates : 197, contre 59 côté républicain. Mais elles sont aussi dans une situation plus périlleuse : 70 démocrates concourent dans des États qui penchent côté rouge, tandis qu’elles ne sont que 25 républicaines dans des États défavorables.

Mais la vague bleue pourrait au final dépendre du vote, non des femmes, mais des hommes blancs diplômés d'études supérieures, dont l'opinion politique a le plus changé dans les dernières années. Selon un sondage du Wall Street Journal et NBC News, alors qu'ils étaient favorables de 12 points aux républicains en 1994, ils seraient cette fois à 27 points à pencher côté démocrate. Si tant est que les sondages soient fiables, contrairement à la dernière élection présidentielle.

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