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Banque des règlements internationaux / Exposition / risques
L'exposition russe des banques était déjà largement réduite
La Banque des règlements internationaux (BRI) revient sur l’exposition des banques à la Russie et à l’Ukraine à la veille du conflit. Les statistiques dévoilées s’arrêtent à la fin de l’année 2021 mais montrent que depuis l’invasion de la Crimée - en 2014 - les acteurs internationaux ont drastiquement réduit leurs risques liés à cette zone géographique.
Ce qui explique que la majorité des acteurs bancaires ont su faire face assez promptement, et à un coût modéré aux conséquences économiques et juridiques du conflit. Les données rendues publiques par la BRI montrent que les créances transfrontalières libellées en dollars avaient largement diminué de 2014 à fin 2021, passant de 171 milliards de dollars à 88 milliards. En comparaison, celles en euro avaient "augmenté de façon marginale", note l'institution.
Dans le même temps, la BRI a établi que "les banques à l'étranger sont devenues des emprunteurs nets auprès de la Russie." Ce qui signifie que les engagements sont devenus largement supérieurs à leurs créances transfrontalières. Ce qui aurait laissé des engagements nets de 23 milliards de dollars à la fin de 2021.
Les "statistiques bancaires consolidées de la BRI" et "les expositions consolidées des banques" qui y sont révélées permettent également de voir qu'il y a une baisse générale des créances sur la Russie depuis 2014. La composition de ces dernières est également assez intéressante puisqu''elles concernent aujourd'hui avant tout "le secteur privé non bancaire". La dynamique de repli de Russie est quant à elle très marquée géographiquement notamment "par les banques ayant leur siège en France et aux États-Unis, chacune se contractant de moitié environ". À la fin de l'année passée c'était les banques hexagonales et italiennes qui avaient "l'encours le plus important de créances étrangères sur la Russie, soit plus de 20 milliards de dollars".
Il faut néanmoins garder à l'esprit que les données des banques chinoises ne sont pas comprises dans ces banques de données. Ces dernières ne faisant pas partie des banques les déclarant auprès de la BRI. Toute une partie de la redirection du flux de créances échappe donc aux analyses qui sont faites. Dans le moyen terme ces données pourraient être vues sous un jour nouveau.
Un autre effet majeur des "événements de 2014" est le changement du profil des "fournisseurs de crédit bancaire transfrontalier à la Russie". Les banques de la zone euro sont de moins en moins les créanciers dominants, leur part des créances transfrontalières mondiales sur la Russie étant passée de près de 47 % fin 2015 à 44 % fin 2021. A contrario, les banques provenant des "économies de marché émergentes et en développement" et "les centres financiers offshore" ont largement augmenté leur part de marché. La BRI note que leur poids est passé "de 22 % à 32 % du total à la fin de 2021".
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