WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche
Abonnez-vous
Abonnez-vous à notre newsletter quotidienne
risques climatiques de transition; score climatiques; fonds

Fonds d'investissements / actifs bruns / Fonds d'investissement / Exposition

Fonds d'investissements
actifs bruns / Fonds d'investissement / Exposition

Les fonds d’investissement français moins exposés aux risques climatiques de transition que le reste de l’Europe / Ils n’en restent pas moins encore largement détenteurs d’actifs bruns

Le tout dernier bulletin de la Banque de France en date s’est attaché à décrypter l’exposition des fonds d’investissement français aux risques climatiques de transition. Si la bonne nouvelle est que les acteurs français font au niveau agrégé de l’Hexagone le deuxième pays le moins exposé d’Europe, ils détiennent toujours 24 % d’actifs bruns en moyenne dans leur portefeuille à date du deuxième trimestre 2022.
Incendie. Al ZULKIFLI / AFP
Incendie. Al ZULKIFLI / AFP

"Le dérèglement climatique rend probable une dévalorisation de nombreux actifs financiers dès lors que les évolutions politiques et réglementaires liées à la transition écologique et la multiplication des aléas climatiques sont mal anticipées par les investisseurs ". Ce douloureux rappel effectué par les auteurs du dernier bulletin de la Banque de France indique bien à quel point voir les fonds d’investissement hexagonaux être aujourd’hui très largement exposés à ce danger constitue un risque. Sur les 3 200 fonds français considérés par la publication, le montant d’actifs bruns (caractérisés par un émetteur qui exerce des activités néfastes pour le climat) est de 250 milliards d’euros.

Une somme loin d’être négligeable, surtout quand on se rappelle que 22 % des actifs sous gestion français sont gérés par les fonds en question. Parmi ces deniers, le pourcentage de détention d’actifs bruns est frappant avec "près de 2100 fonds français sur les 3199 fonds analysés détiennent plus de 20 % d’actifs bruns dans leurs portefeuilles". Les auteurs arguent que "sans ajustement de leur part, ces fonds pourraient donc connaître des pertes importantes à la suite d’une réévaluation de grande ampleur du prix de ces actifs"

 

Le bon élève français

 

Ils ont cependant moins à craindre que leurs homologues européens et ce en partie pour une raison bien précise : étant donné que "les fonds tendent à détenir plus d’actifs nationaux qu’étrangers dans leurs portefeuilles". Il s’avère que "les entreprises et les obligations souveraines françaises obtiennent en moyenne de meilleurs scores climatiques que leurs partenaires européens". De quoi permettre avec ce biais d’observer que les "fonds d’investissement français ressortent moins exposés aux risques de transition que leurs équivalents européens qui devront déployer plus d’efforts pour aligner leurs portefeuilles sur les objectifs climatiques". Seule l’Allemagne s’en sort mieux que la France sur ce plan-là.

Cependant, certains acteurs s’en sortent mieux que d’autres sur le territoire national. Là où "les fonds détiennent 24 % d’actifs bruns", ce nombre passe 18 % pour les assurances et 22 % pour les banques. Ce qui est à la fois signe d’une moindre exposition mais nous rappelle aussi que l’ensemble du secteur financier n’échappe pas à cette problématique.

 

Minoritaire

 

Pour autant, le constat est rassurant en ce qui concerne les fonds français très exposés aux risques climatiques qui étaient uniquement 274 sur 3 200 au troisième trimestre 2022. Pas de quoi définitivement rassurer le bulletin de la Banque de France, ce dernier rappelant à juste titre que "les fonds les plus importants en matière d’actifs sous gestion revêtent une importance particulière", que ce soit en raison "des effets de contagion plus massifs en cas de ventes forcées" ou bien "d’un impact plus notable sur le coût de financement des entreprises en cas de réallocation à la suite d’une sortie des actifs bruns".

Les donnés communiquées font état d’une "forte concentration de ces actifs bruns dans les portefeuilles des fonds : une minorité de fonds (environ 700 sur 3 199, soit 22 % de l’ensemble des fonds) détient plus de 80 % du total des actifs bruns au sein de l’échantillon sélectionné". Le phénomène est ainsi décrit comme étant celui " de nombreux fonds [qui] sont significativement exposés aux risques de transition avec une forte concentration de ces risques parmi une petite minorité de fonds".

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article