Macro-économie / Taux / BRI / Banque des règlements internationaux / CBDC / Panetta
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Les monnaies numériques de banque centrale ont le vent en poupe
L'été dernier Fabio Panetta, membre du directoire de la Banque centrale européenne, se montrait convaincu que "l’ère des monnaies numériques s’ouvre devant nous". Aujourd'hui la dernière étude de la Banque des règlements internationaux semble lui donner raison. Plus de la moitié des 81 banques centrale interrogées ont notamment considéré comme "possible qu'elles émettent une CBDC [monnaie numérique de banque centrale, ndlr] dans un avenir prévisible". La Banque centrale de Chine fait ainsi partie de celles qui ont émis ou pilotent actuellement une CBDC de détail en direct. Cette décision pourrait faire des émules à l'avenir puisque la BRI déclare que "68 % des banques centrales considèrent qu'il est probable ou possible qu'elles émettent une CBDC de détail à court ou moyen terme".
Une dynamique qui pourrait avant tout venir des "économies de marché émergentes et en développement" (EMDE), l'institution de Bâle estime que la probabilité est "généralement plus élevée pour les banques centrales de l'EMDE que pour celles de l'AE [économies avancées, ndlr]". C'est le cas tant pour un CBDC de détail ou de gros. Pour ce dernier type de monnaie numérique de banque centrale, la probabilité à moyen terme est passée de 43 % à 54 % en un an.
Le conflit ukrainien pourrait également pousser certains pays à accélérer le rythme pour arriver à acquérir une souveraineté et une indépendance en la matière. Fabio Panetta avait ainsi appelé l'an passé les banques centrales à "se montrer audacieuses et [à] suivre le rythme des changements". Il en va également de la crédibilité de ces institutions d'arriver à proposer des outils adaptés aux évolutions du marché. La Banque des règlements internationaux espère notamment être une pionnière en la matière, multipliant les projets, comme le projet Jura qui traite "d'utilisation de monnaie numérique de banque centrale dans un contexte transfrontière". Ce dernier s'est achevé il y a quelques mois et ses conclusions pourraient déboucher sur des projets bien plus concrets dans les années à venir.
Fabio Panetta ne cachait pas fin mars que les équipes de la BCE étudieraient de près au cours des mois à venir les "différentes possibilités" afin de créer "un euro numérique attractif pour les payeurs comme pour les bénéficiaires". Les Banques centrales visent à utiliser les technologies tant pour les échanges interbancaires que pour les transactions quotidiennes des agents économiques.
L'un des enjeux majeurs sera l'architecture de la distribution de la CBDC de détail et de l'implication ou non du secteur privé. Des intermédiaires provenant de ce dernier pourraient jouer un rôle essentiel dans sa distribution. La récente publication de la BRI montre "que plus de 70 % des banques centrales engagées dans une forme quelconque de travail avec les CBDC envisagent un modèle" ayant recours au secteur privé. Il pourrait notamment prendre en charge "l'accueil des clients [...] et des procédures de lutte contre le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme", et également "le traitement des paiements de détail". L'architecture du nouveau système profiterait alors largement de structures déjà en place.
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