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Macro-économie / Taux / BCE / Panetta / euro numérique

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BCE / Panetta / euro numérique

L'avènement de l'euro numérique ne saurait tarder

Le chantre de l'euro numérique Fabio Panetta, membre du directoire de la BCE, continue à vanter les bénéfices d'un tel projet. Il doit permettre de protéger l'autonomie stratégique de la zone euro.
Fabio Panetta. DR
Fabio Panetta. DR

Nous avions pu voir récemment François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France, se montrer très intéressé par les cryptoactifs. Au point de déclarer que "nous ne pouvons pas ignorer le développement des cryptomonnaies ; elles apportent des avantages technologiques tels que la réduction des coûts et de la vitesse." Fabio Panetta qui est le principal membre du directoire de la BCE à la manœuvre sur l'euro numérique, vient à nouveau de rappeler l'urgence de ne pas rater le train des monnaies numériques de banque centrale.

Lors de son récent déplacement en Irlande, le banquier central a affirmé que "l'expansion des cryptoactifs révèle une demande croissante d'immédiateté et de numérisation." Il est d'autant plus important pour "le 'secteur officiel' - banques centrales et intermédiaires supervisés - " de satisfaire cette demande que s’il ne le fait pas "d'autres le feront."

Si l'euro numérique est encore à l'état de projet et que Fabio Panetta marche sur des œufs quand à la temporalité exacte d'un tel projet, il ne fait nul doute que cela peut devenir très concret à tout moment. Notamment de par les vertus prêtées par le fonctionnaire italien à l'émission d'une monnaie numérique de banque centrale, qui doit permettre "la protection de notre autonomie stratégique" et également renforcer "notre souveraineté monétaire".

Un des principaux dangers de cet essor des actifs numériques se trouve dans le risque d'une disparition de la "complémentarité de la monnaie publique et de la monnaie privée". Ainsi uniquement "20 % du stock d'espèces sont aujourd'hui utilisés pour les paiements, contre 35 % il y a quinze ans". Un constat qui pousse Francfort à se demander si l'argent liquide ne peut pas perdre son rôle central et "sa capacité à fournir un point d'ancrage efficace".

Tout semble indiquer que la BCE ne souhaite pas accepter "que l'argent public soit marginalisé". Notamment parce que les oligopoles potentiels sur le marché des paiements sont très dangereux pour les consommateurs et pour l'autonomie stratégique de l'Europe. Il serait effectivement désastreux pour Bruxelles que "la monnaie de la banque centrale ne soit plus au cœur du système de paiement". D'un autre côté, le mantra de la BCE, depuis le début de la monnaie unique, est qu'un euro est un euro, et elle nie complètement la capacité des cryptoactifs existants à "faire office de monnaie lorsqu'ils ne peuvent pas être convertis au pair en monnaie publique à tout moment." Fabio Panetta a de nouveau cloué au pilori l'offre actuelle de cryptomonnaies en les comparant à "des actifs spéculatifs qui soulèvent de multiples préoccupations en matière de politique publique et de stabilité financière".

Les récents évènements sur la planète crypto, avec l'effondrement du cours d'un des principaux stable coins, vont donner du grain à moudre à Francfort. Qui ne manquera pas d'y faire référence lorsqu'il faudra donner suite au projet Jura et autres prospections menées par les banques centrales. Tant pour développer une monnaie numérique de banque centrale de détail que de gros.


 

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