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Macro-économie / Taux / euro numérique / Banque de France / Conseil des gouverneurs

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L’euro numérique fait un nouveau bond en avant / Le conseil des gouverneurs vient de lancer la phase préparatoire du projet

Sitôt la phase d’études de l’euro numérique fermée, le conseil des gouverneurs lance une nouvelle étape. Celle-ci durera deux ans a minima et devra travailler à développer une forme numérique d’espèce accessible gratuitement au sein de la Zone euro, les établissements bancaires classiques seraient chargés de la distribution.  
La BCE entend bien continuer à avancer sur son projet d'euro numérique. Nikolas Kokovlis / NurPhoto / NurPhoto via AFP
La BCE entend bien continuer à avancer sur son projet d'euro numérique. Nikolas Kokovlis / NurPhoto / NurPhoto via AFP

"Nous devons préparer notre monnaie pour le futur ", voici ni plus ni moins l’ambition affichée par Christine Lagarde, la présidente de la Banque centrale européenne (BCE). Un projet qui devient un peu plus concret ce mercredi puisque le Conseil des gouverneurs vient d’ouvrir la phase préparatoire du projet d’euro numérique. Les prochaines années doivent permettre à l’Union européenne de se décider ou non à émettre l’euro numérique.

Pour ce faire, le travail de la Banque centrale européen va notamment s’attacher à trouver les bons prestataires afin de travailler à la mise au point de la plateforme et de l’infrastructure nécessaire au projet tel qu’il est conçu aujourd’hui. Une vision sur laquelle est revenue en détail Christine Lagarde, en arguant que "nous envisageons l’euro numérique comme une forme numérique d’espèces qui pourrait être utilisée pour tous les paiements numériques, gratuitement, et qui garantirait le plus haut niveau de confidentialité. Il coexisterait avec les espèces, qui seront toujours disponibles, afin de ne laisser personne de côté."

 

Suspendu à un fil

 

Le communiqué de la BCE précise cependant très rapidement que ce lancement d’une phase préparatoire "ne constitue pas une décision sur l’émission ou non d’un euro numérique". Cette dernière ne pourra être prise par le Conseil des gouverneurs qu'après l’achèvement du processus législatif de l’Union européenne. Francfort se montre d’ailleurs ouvert à la discussion et affirme qu’il sera tenu "compte de tous les ajustements de la conception de l’euro numérique qui pourraient être rendus nécessaires au terme des délibérations législatives".

Pour autant, la BCE fait passer le message de l’importance pour le Vieux continent de ne pas être à la traîne sur le sujet ; Fabio Panetta, membre du directoire de la BCE et président du groupe de travail de haut niveau sur un euro numérique martelant qu’un " euro numérique renforcerait l’efficacité des paiements européens et contribuerait à l’autonomie stratégique de l’Europe". François Villeroy de Galhau s’était également exprimé récemment sur l’importance pour la Zone euro de préserver sa souveraineté monétaire.

 

Rassurer

 

Aux yeux de la BCE il ne faut pas voir tel projet en opposition aux établissements bancaires. Le communiqué publié va en ce sens et avance que " les utilisateurs auraient accès aux services en euros numériques sur l’application et l’interface en ligne de leur prestataire de services de paiement, ou par le biais d’une application de l’Eurosystème consacrée à l’euro numérique". Il a également été question du fait "que les utilisateurs pourraient également échanger des euros numériques contre des espèces et vice versa aux distributeurs de billets ". Un point presse a eu lieu ce matin à la Banque de France et durant lequel Erick Lacourrège, directeur général des moyens de paiement et Alexandre Stervinou, directeur des études et de la surveillance des paiements, se sont attachés à rappeler que la conception de cet euro numérique était voulue pour les usages du quotidien et qu’en ce sens des limites de détention seraient définies afin de "limiter l’usage comme un actif d’investissement". Une façon pour les banques de garder la main sur des volumes aujourd’hui convoités par des acteurs de la Tech qui cherchent concevoir des monnaies qui sont des biens privés et non plus public, à l’instar de la voie qu’emprunte PayPal.

L’institution a également cherché à rassurer les particuliers, puisque Francfort avance que l’euro numérique tel qu’il est pensé actuellement "serait largement accessible, gratuit pour les utilisations de base et disponible à la fois en ligne et hors ligne". Les modalités d’usage de cette dernière fonctionnalité étant encore en travaux. Surtout, il est pensé pour offrir "le plus haut niveau de confidentialité et permettre aux utilisateurs d’effectuer des paiements instantanés en monnaie de banque centrale ". Du côté de la Banque de France, il n’a pas été écarté ce matin, "dans le cas où d’autres zones monétaires prendraient le même macho, de s’ouvrir à l’interopérabilité. " Tout comme après "une utilisation limité aux résidents ou citoyens de la zone euro, dans un premier temps", il n’est pas exclu que "des citoyens extra-européens puissent en détenir, comme ils le font avec du cash aujourd’hui".

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