Politique monétaire / Christine Lagarde / Conseil des gouverneurs / BCE
Politique monétaire
Christine Lagarde / Conseil des gouverneurs / BCE
Christine Lagarde affiche la couleur
Jugée d’ampleur mineure par certains, la revue stratégique conduite par la Banque centrale européenne (BCE) pendant dix-huit mois et dont les conclusions viennent de paraître aura des conséquences dès la prochaine réunion du Conseil des gouverneurs du 22 juillet prochain. C’est en tout cas ce qu’a annoncé Christine Lagarde, présidente de la BCE, au cours d’un entretien avec Bloomberg.
"Compte tenu de la détermination dont nous devons faire preuve pour atteindre notre engagement, la forward guidance sera certainement réexaminée", a avancé Christine Lagarde. Pour rappel, la forward guidance consiste, pour le Conseil des gouverneurs, à esquisser la trajectoire future de la politique monétaire (niveau des taux d’intérêt directeurs par exemple) afin d’influencer les conditions financières ; cet outil non conventionnel vise à réduire incertitude, volatilité et à mieux ancrer les anticipations d’inflation. Elle peut ainsi arborer un ton accommodant ou restrictif selon l’objectif de la Banque centrale.
L’annonce de Christine Lagarde s’inscrit dans un contexte où l'institution de Francfort vient de modifier sa conception de la stabilité des prix ; elle vise désormais une inflation de 2 % l’an à moyen terme et peut tolérer une période transitoire d’inflation légèrement au-dessus de l’objectif sous certaines conditions. Il est donc plutôt logique que les termes choisis par le Conseil des gouverneurs évoluent à l’aune de cette nouvelle conception lorsqu'il s'agit de tracer des perspectives concernant la politique monétaire future.
Signalons que cette nouvelle définition de la stabilité des prix a été validée à l’unanimité par le Conseil des gouverneurs (vingt-cinq membres), il a ainsi fallu contenter tout le monde autour de la table des négociations, au détriment peut-être d’un objectif d’inflation plus audacieux ; les plus colombes militaient pour compenser au cours des années à venir le déficit d’inflation que connaît la zone euro depuis l’après crise financière mondiale, ce qui aurait impliqué une politique monétaire accommodante pendant une plus longue période.
"La déclaration de Christine Lagarde pourrait indiquer que les colombes comptent bien faire entendre leur voix durant la prochaine réunion du Conseil des gouverneurs, à l’issue de laquelle les décisions, notamment sur la forward guidance n’auront pas besoin d’être prises à l’unanimité", estime Nicolas Goetzmann, responsable de la recherche et de la stratégie macroéconomique à la Financière de la Cité. En conséquence de quoi, "le ton de la BCE pourrait donc apparaître plus accommodant qu'auparavant lors de la conférence de presse du mois de juillet", juge l'économiste.
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