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La BCE se creuse la tête face à l'inflation
La Banque centrale européenne (BCE) a eu du mal à trancher sur l’avenir de sa politique monétaire, comme en témoigne le compte rendu de la réunion des 8 et 9 septembre paru hier après-midi. Celui-ci dresse le constat d’une économie européenne qui se trouve confrontée à une hausse des prévisions d’inflation à venir. Ce qui a donné cours à de nombreuses discussions sur la politique monétaire à adopter en conséquence. Selon les participants à la réunion, l'inflation serait néanmoins essentiellement liée à des éléments conjoncturels qui devraient disparaître sur le moyen et long terme. Ce qui légitimerait que la BCE ne prenne pas une décision de trop resserrer sa politique monétaire dans l’immédiat. Cette politique monétaire est qualifiée d'accommodante par les gouverneurs de l'institution d'émission, qu’on prenne en considération le Programme d’achats d’urgence face à la pandémie (PEPP) ou indépendamment de ce dernier.
Concernant PEPP, il a été émis l’hypothèse qu’une baisse puisse laisser penser aux marchés financiers qu’une politique plus austère que prévu prévaudra finalement. Un argument a été avancé : les marchés s'attendent déjà à ce que les achats dans le cadre du PEPP prennent fin en mars de l'année prochaine et l’ont déjà anticipé dans leurs analyses et comportements. Ainsi, si le conseil des gouverneurs a acté une réduction légère des rachats de dette, il a également insisté sur le fait que cette baisse ne constituait pas un "tapering" et correspondait non pas à une volonté de moins soutenir l’économie mais à une décision qui s’adaptait à une conjoncture favorable. Un climat des affaires qui se concrétise par des conditions de financements favorables à court terme et qui laisse présager des bonnes perspectives dans les mois à venir. Les gouverneurs ont cependant estimé que la réduction devait être "prudente", étant donné qu’il existe quelques tensions sur les rendements d’emprunts obligataires.
À travers ces échanges et les récentes déclarations de Christine Lagarde, on comprend que Francfort reste particulièrement soucieuse de sortir très prudemment de la crise liée à la pandémie. Pour cela, il faut d’une part s’assurer que la politique monétaire actuelle ne produise pas de trop forts effets d’annonces. Et d’autre part comprendre que si 1 850 milliards d’euros ont été prévus dans le PEPP (qui doit prendre fin au printemps prochain), cela ne bridera pas la BCE dans ses choix et options dans le futur.
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