Macro-économie / Taux / Panetta / UE / BCE
Macro-économie / Taux
Panetta / UE / BCE
L'inflation ne se verdit pas encore / Le spectre d'une transition énergétique inflationniste rôde mais ne se concrétise pas encore
"Les facteurs écologiques ont un rôle dans le choc actuel des prix de l'énergie", a déclaré Fabio Panetta, membre du directoire de la Banque centrale européenne (BCE), qui ne trouve pas de raison de s'inquiéter de la transition énergétique en cours. Bien au contraire puisqu'il fait remarquer que "dans la crise énergétique actuelle, les prix de gros de l'électricité ont été plus bas lorsque la production d'électricité de l'UE reposait davantage sur les énergies renouvelables que sur le gaz".
Le banquier central appelle ainsi à privilégier une approche européenne de la transition pour éviter tout écueil inflationniste. Il estime que "l'unité nous rend plus forts face aux chocs et nous donne une plus grande influence dans la détermination de notre avenir climatique et énergétique". Mettant en avant que "les investissements seraient financés de manière plus efficace et efficiente au niveau européen que par les États membres individuels", il serait ainsi pertinent à ses yeux qu'émerge "un fonds européen pour le climat et la sécurité énergétique destiné à soutenir la transition verte dans les années à venir".
Une autre histoire
Ce n'est peut-être pas tant les fonds alloués à la transition qui ont contribué à l'inflation des hydrocarbures mais davantage le manque ou l'arrêt des investissements dans les énergies fossiles. Haitham Al Ghais, secrétaire général de l'Organisation des pays producteurs de pétrole (Opep), blâmait le manque d'investissement de la part des pays extérieurs à l'Opep. Un fait qui n'est pas éludé par Fabio Panetta, qui admet que "les attentes à l'égard de la transition ont peut-être entraîné une baisse des investissements dans le secteur pétrolier au cours des dernières années, probablement parce qu'il est devenu plus coûteux d'attirer des capitaux".
Le chantre de l'euro numérique n'en estime pas moins que "le risque de transition n'a pas laissé de marque notable sur les prix du pétrole jusqu'à présent. [..] L'impact net sur les prix peut donc avoir été contenu, voire annulé". La transition énergétique se poursuit donc et aux yeux de Fabio Panetta et c'est donc des "chocs plus 'classiques' de l'offre et de la demande de pétrole [qui] ont probablement été les principaux moteurs des prix du pétrole jusqu'à présent". Il avance pêle-mêle "la reprise postpandémique de la demande de pétrole [..] des pénuries du côté de l'offre pour des raisons autres que le changement climatique, telles que la gestion de la production de pétrole".
La main à la poche
Pour se prémunir de telles mésaventures à l'avenir, il rappelle que selon l'AIE ; "les investissements dans les énergies renouvelables doivent tripler d'ici à la fin de la décennie pour lutter efficacement contre le changement climatique et contenir les prix de l'énergie". Rien que pour l'Union européenne, la réduction de la dépendance à l'égard des combustibles fossiles russes ainsi que "la réalisation des objectifs climatiques nécessiteront un investissement estimé à 500 milliards d'euros par an entre 2021 et 2030".
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

