Régulation / Concurrence / BRI / CBDC / monnaie numérique
Régulation / Concurrence
BRI / CBDC / monnaie numérique
Les monnaies numériques de banque centrale progressent pas à pas / L’immense majorité des institutions se penchent désormais sur la question
Le feu vert de la Commission européenne au projet d’euro numérique risque de faire des émules. La Banque des régiments internationaux (BRI) vient de revenir sur le sujet des monnaies numériques de banques centrales (CBDC) à l’échelle planétaire ; l’enquête publiée estime "qu’il pourrait y avoir 15 CBDC de détail et 9 CBDC de gros en circulation dans le public vers la fin de cette décennie".
Là où la Banque centrale européenne (BCE) s’oriente d’abord vers l’émission d’une monnaie numérique de détail, d’autres instituts d’émission semblent donc davantage enclins à émettre une CBDC de gros. La BRI note à ce sujet que la part de ceux "susceptibles d’émettre une CBDC de gros à court terme a plus que doublé".
Commercer avant tout
Ce n’est pas un secret mais l’un des moteurs des travaux menés par les différentes autorités nationales se trouve être les paiements transfrontaliers. L’enquête de la BRI n’écarte pas les grandes opportunités qui pourraient résulter de ces améliorations, cependant elle rappelle qu’il y a une "nécessité pour les banques centrales du monde entier de collaborer dès les premières étapes de la conception des CBDC afin d’exploiter pleinement le potentiel des CBDC de gros et de détail pour améliorer les paiements transfrontaliers".
Il n’y a donc pas uniquement une course à l’armement sur le sujet, puisqu’à développer seul dans son coin sa propre monnaie numérique sans tenir compte des avancées de ses partenaires économiques, on pourrait se retrouver avec un outil à l’usage final restreint. Il est donc essentiel de veiller à "garantir l’interopérabilité avec les systèmes de paiement existants afin de s’assurer que les payeurs et les bénéficiaires peuvent effectuer et recevoir des paiements de manière transparente, quel que soit le mode de paiement ou le prestataire de services".
Cohabiter
Ce qui ne manque pas de renvoyer à une autre notion également martelée par la Commission européenne, en ce qui concerne les CBDC de détail ; ces derniers "devraient compléter les autres méthodes de paiement nationales et coexister avec elles" et non venir les remplacer. C’est d’ailleurs le principal argument avancé par Bruxelles pour convaincre les acteurs privés de se lancer à corps perdu dans la bataille, il ne s’agira pas d’un outil supplémentaire à disposition des autorités monétaires mais bel et bien au service de l’économie tout entière.
Alors que les banquiers centraux sont d’ordinaires extrêmement critiques à l’encontre des cryptoactifs, l’enquête de la BRI note qu’avec le temps les émetteurs de ces derniers et "en particulier de stablecoins ont progressivement élargi le champ des cas d’utilisation potentiels de leurs actifs et de leurs stablecoins : alors qu’ils étaient initialement proposés pour servir de moyen de spéculation ou de réserve de valeur, les cryptoactifs sont de plus en plus présentés comme un moyen de paiement potentiel".
Cependant il est vite rapidement déploré que ces possibilités soient "rarement utilisées pour des paiements en dehors de l’écosystème des cryptoactifs". De quoi faire conclure aux auteurs de l’enquête qu’une "surveillance continue aidera les banques centrales à identifier les risques émergents et à y remédier rapidement par des normes, une surveillance et des politiques efficaces".
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