Macro-économie / Taux / François Villeroy de Galhau / MNBC / monnaie numérique / bitcoin / cryptoactif / Banque de France
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François Villeroy de Galhau / MNBC / monnaie numérique / bitcoin / cryptoactif / Banque de France
La réponse de François Villeroy de Galhau à la disparition des espèces
La pandémie a accéléré la disparition de l'usage des espèces. "La part des paiements dématérialisés a augmenté deux fois plus vite qu'avant la crise, passant de 51 % en 2019 à 70 % au premier semestre 2021" affirmait ce jeudi le gouverneur de la Banque de France lors de son discours de clôture du colloque financier annuel de Paris Europlace. La réponse de la Banque des banques à ce changement de paradigme est double car la menace est double.
Première menace de ce recours croissant au paiement dématérialisé : la perte de souveraineté de l'Europe, qui est dépendante du réseau de paiements par carte bancaire américain - via Visa, MasterCard et American Express - dès qu'il s'agit d'une transaction inter-pays. À ce premier enjeu d'extraterritorialité, l'Europe a déjà répondu par le développement d'une solution de paiement européenne appelée "European payment intitiative" (EPI).
Ce projet coûteux et fastidieux consiste à créer de circuits bancaires propres à l'Europe - financés conjointement par les Banques centrales et les grandes banques commerciales européennes - permettant de se soustraire à l'emprise du dollar. Le gouverneur estime que l'aboutissement de cette initiative est prioritaire.
Seconde menace : la montée de la tokenisation. L'usage croissant de cryptoactifs et le développement de monnaies digitales privées ou de monnaies numériques des Banques centrales (MNBC), en marge des initiatives européennes, représentent également un risque de perte de souveraineté. Raison pour laquelle les Banques centrales européennes cherchent à développer leur propre monnaie numérique.
"Cette initiative suscite des réactions contradictoires", concède François Villeroy de Galhau, car les banques commerciales craignent que le lancement de cette monnaie ne se traduise par une perte de leur rôle d'intermédiaire. Mais le gouverneur assure qu'"un scénario de désintermédiation massive des banques par la MNBC n’est qu’un fantasme de finance-fiction, pas une analyse sérieuse". François Villeroy de Galhau ajoute qu'"une MNBC se fera avec les banques, pas contre elles ni malgré elles". D'autant que les Banques centrales de l'UE ne prennent pas la décision du développement de cet "e-euro" sans considérer en amont toutes les possibilités de mises en œuvre et leurs conséquences. "Aucune décision n'a été prise à ce stade, quant à la création ou non d'un euro numérique" précise le gouverneur.
Elles procèdent pour cela à une batterie de test - cinq expérimentations ont déjà été finalisées, quatre seront encore menées avant la fin de l'année avec des acteurs privés et publics - afin de décider si l’outil doit pouvoir être utilisé par les particuliers et entreprises (monnaie numérique de détail), ou bien les banques seulement (monnaie dite interbancaire ou de gros), ou les deux. Jointe par WanSquare, la Banque de France précise qu'"un débat est en cours ce mois-ci au sein de la BCE pour décider s'il faut procéder ou non à la prochaine étape".
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