Macro-économie / Taux / Dollar / MNBC / monnaie numérique
Macro-économie / Taux
Dollar / MNBC / monnaie numérique
Le dollar ne compte pas rater le virage du numérique / La réserve fédérale des États-Unis compte bien faire perdurer l'hégémonie de sa monnaie
"Les menaces qui pèsent sur la domination internationale du dollar américain sont nombreuses". Le gouverneur Christopher J. Waller, membre du Conseil des gouverneurs de la Réserve Fédérale (Fed), relate la grande préoccupation qu'ont les décideurs américains quant à l'hégémonie de leur monnaie souveraine.
Des menaces diverses qui vont des rebondissements géopolitiques, aux "pressions exercées pour que les factures soient libellées dans d'autres monnaies" et autres formes de concurrences provenant de l'étranger.
Course à l'innovation
La menace la plus inquiétante aux yeux de Christopher J. Waller se retrouve dans les propos tenus cet été par Jerome Powell, président de la Fed. Ce dernier affirmant que "l’une des questions qui se posent au sujet des monnaies numériques de Banque Centrale (CBDC) est de savoir si nous voulons qu’un stablecoin privé devienne le dollar numérique. Je pense que la réponse est 'non' ". Ce que le gouverneur de la Fed de Saint Louis appelle "le changement supposé du paysage des paiements en raison de la croissance des actifs numériques, en particulier des CBDC", qui oblige donc les États-Unis à accélérer le pas en matière d'innovation.
Il faut dire que l'ensemble de la planète s'empare du sujet avec appétit ; que ce soient les autorités monétaires chinoises qui ont déjà commencé à déployer des solutions en la matière ou bien le Vieux continent qui veut être en pointe sur le sujet. François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France, avait affirmé récemment "que nous, les banques centrales, devons être présentes sur les deux tableaux : la réglementation et l'innovation".
Pré carré
Une défense de l'hégémonie du dollar qui se comprend aisément ; au vu des avantages procurés par la puissance du billet vert. Christopher J. Waller compte s'assurer que le rôle international du dollar continue "à réduire les coûts de transaction et d'emprunt pour les ménages, les entreprises et le gouvernement américains", tout en contribuant à élargir "le bassin de créanciers et d'investisseurs pour les investissements américains". Aujourd'hui 96 % du commerce sur le continent américain est ainsi libellé en dollars.
Il ne cache pas également que le poids de la monnaie des États-Unis doit être suffisant pour "influencer les normes du système monétaire mondiale". Un rôle qu'une monnaie numérique de banque centrale peut également remplir pour le gouverneur de la Fed de Saint Louis : "une CBDC est un instrument numérique qui constitue un engagement de la banque centrale. C'est tout ce que c'est : une responsabilité directe de la banque centrale".
Pragmatisme
Vouloir continuer à ce que le dollar supplante le reste des monnaies nationales via la voie d'un dollar numérique n'est pas sans risque. Christopher J. Waller le reconnaît lui-même parlant "d'un certain nombre de coûts et de risques, notamment le risque cyber et la menace de désintermédiation des banques commerciales, qui pourraient tous deux nuire, plutôt qu'aider, à la position du dollar américain sur la scène internationale".
Tout en n'oubliant pas les problématiques liées au blanchiment d'énergie. Mais en définitive "il est peu probable que la fonction du dollar en tant qu'unité de compte et réserve de valeur soit affectée, d'où un effet limité sur le rôle international du dollar". Il s'agit donc plus de préserver ce dernier que de glaner les miettes qui échappent à son hégémonie.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

