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Macro-économie / Taux / Japon / Dollar / Yen / marché des changes / Donald Trump

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Le Japon entre dans la danse

C'est au tour du Japon de défier Donald Trump, puisque le pays menace lui aussi de dévaluer sa monnaie, là aussi pour de simples raisons de compétitivité de son commerce extérieur.  
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Voilà une nouvelle qui ne devrait pas plaire à Donald Trump. Au moment où le Président américain bouillonne face à la Chine qui a laissé le yuan se dévaluer de plus de 2,5 % en quatre jours, les autorités japonaises pourraient aussi dévaluer la monnaie nationale. Le Japon a averti les investisseurs qu'il n'accepterait pas que le yen continue à s'apprécier. La monnaie nippone atteint son plus haut niveau face au dollar en 18 mois ce matin, à 106,56 pour un dollar.

C'est le vice-ministre des Finances en charge des affaires internationales Yoshiki Takeuchi qui s'est exprimé hier en évoquant une possible intervention des institutions monétaires si l'appréciation du yen venait à nuire à l'économie japonaise fortement basée sur ses exportations. Et ce ne serait pas la première fois que Tokyo intervient sur le marché des changes. Déjà à l'été 2011, la Banque du Japon avait dû vendre massivement des yens sur les places financières afin d'affaiblir son cours qui flambait à 76,12 pour un dollar, proche de son record absolu.

Si les autorités nippones menacent dès aujourd'hui d'intervenir c'est que son économie est particulièrement ébranlée. D'une part, le Japon lutte depuis cinq ans contre les risques de récession avec un taux de croissance moyen sur la période de 0,98 % quand la zone euro a crû à un rythme moyen de 1,94 % et les États-Unis à 2,40 %. D’autre part, les tensions sino-américaines et plus récemment celles nées avec son voisin coréen freinent la production de biens destinés aux exportations, sur fonds de vieillissement démographique alarmant. De fait, en juillet le secteur manufacturier nippon s'est contracté pour le septième mois consécutif et son rythme de déclin atteint un sommet sur les quatre derniers mois selon l’enquête Markit/Nikkei.

La volonté du Japon de conserver une monnaie faible ne fait pas les affaires du Président américain, déjà confronté à la dévaluation chinoise pour un yuan qui atteint son plus bas historique depuis la dernière crise financière. Par ailleurs, Donald Trump se trouve bien démuni pour riposter puisque ni l'un ni l'autre de ses deux instruments qui lui permettraient de dévaluer à son tour le dollar n'est disponible. Jerome Powell refuse de se soumettre à ses demandes pour baisser les taux directeurs, et il serait malvenu de choisir la dévaluation par le déficit public (qui devrait déjà dépasser 4 % du PIB en 2019) à la veille des nouvelles élections présidentielles.

Tant que le dollar restera la monnaie de réserve du monde, la déstabilisation souhaitée par Donald Trump se retournera contre lui. Car cela signifie que le dollar est la devise la plus utilisée pour constituer des réserves de change et donc considérée comme la monnaie la plus sûre par les banques centrales. Au dernier trimestre 2018, le dollar représentait 61,7 % des caisses des institutions monétaires, loin devant l’euro qui occupe la seconde place avec 20,7 %. Il n’y a donc rien d’étonnant à voir le dollar s’apprécier dans un climat économique anxiogène.

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