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Trump dévaluation dollar états-unis

Macro-économie / Taux / Etats-Unis / Dollar / Taux de change / Donald Trump

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Etats-Unis / Dollar / Taux de change / Donald Trump

Mais pourquoi Trump veut-il donc dévaluer le dollar ?

Le Président américain a raison : le dollar est surévalué. Mais plutôt que de hurler au complot mondial, Donald Trump devrait plutôt se faire oublier sur ce sujet car les États-Unis profitent du dollar fort.
Dollars
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Depuis 2014 et la chute du prix du pétrole, le dollar a entamé une véritable ascension par rapport aux autres grandes devises. Selon les calculs du groupe financier franco-allemand Oddo BHF, la monnaie américaine est aujourd’hui surévaluée de 10 % par rapport à sa valeur fondamentale.

Une situation que ne supporte pas Donald Trump puisqu’elle ne concorde pas avec sa ligne politique du "America First". Et on ne peut pas en vouloir au locataire de la Maison Blanche de croire au mécanisme dit de Marshall-Lerner, censé rétablir le solde budgétaire : une dévaluation monétaire rend la monnaie bon marché, ce qui améliore la compétitivité des exportations et dégrade le volume des importations devenues trop chères.

Mais l’économie d’aujourd’hui n’est plus celle d’hier, les États-Unis sont plus que jamais dépendants de leurs importations, en témoigne leur balance commerciale avec la Chine. Elle qui était proche de l’équilibre en 1996, se retrouve désormais déficitaire de plus de 400 milliards de dollars chaque année et, en tenant compte aussi du reste du monde, le déficit total sur les échanges de biens a atteint 891 milliards de dollars en 2018, le plus haut de l'histoire américaine. En présence d’un tel déficit commercial, une dévaluation du dollar aurait un coût astronomique pour les entreprises et les ménages du pays. D'autant plus que les États-Unis ne peuvent pas substituer leurs importations à de la production locale, faute d'intrants adéquats.

Si le Président américain fait de la guerre des monnaies son prochain objectif, en persistant à croire qu’un complot mondial de dévaluation compétitive s’exerce contre les États-Unis, ses leviers d'action sont donc limités. Son unique atout serait peut-être l’arme fiscale : en rehaussant les prélèvements obligatoires globaux, il rendrait les investissements étrangers moins rentables et ferait chuter la demande globale de dollars. Une mesure qui semble peu réaliste à l’approche des élections présidentielles de 2020, puisque Donald Trump aura à cœur de défendre son bilan en mentionnant les baisses d’impôts réalisées qui font écho à ses promesses électorales de 2015.

Hormis dans le cas d'un resserrement fiscal, une chute planifiée du dollar pourrait avoir lieu en cas d’assouplissement monétaire plus prononcé que celui anticipé par les marchés, ou dans le cas d'une envolée du prix du pétrole dont le cours est fortement corrélé au dollar depuis le début du siècle. Deux situations peu probables. 

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