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Macro-économie / Taux / BCE / Taux de change / QE / pepp

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BCE / Taux de change / QE / pepp

Voici pourquoi l’euro s’est apprécié face au dollar depuis mars

Quatre économistes de la Banque centrale européenne s’efforcent de démontrer qu’un seul facteur explique près de 60 % de l’appréciation de l’euro face au dollar depuis le début de la crise économique.
euros -symbole
euros -symbole

Crise économique oblige, les prix des actifs financiers affichent des mouvements d’ampleur significative et les devises n’y font pas exception. L’euro s’est apprécié d’environ 10 % en termes nominaux face au dollar depuis le début de la crise économique. Nombre d’explications ont émergé depuis lors pour tenter d’expliquer ce phénomène, mais c’est la politique monétaire qui a retenu l’attention de quatre économistes de la Banque centrale européenne - Luca Dedola, Georgios Georgiadis, Johannes Gräb et Arnaud Mehl.

Selon les chercheurs de l’institution de Francfort, c’est le différentiel d’orientation de la politique monétaire entre la Réserve fédérale américaine et la BCE qui explique pour plus de la moitié l’appréciation de la monnaie unique. Plus précisément, c’est le fait que la Fed a vu son bilan gonfler de manière plus importante par rapport à la BCE sous l'effet de ses programmes de rachats d’actifs. Veillant à dégager une relation de causalité et non une simple corrélation, les auteurs estiment qu’un accroissement du bilan de la Fed de 1 % par rapport à celui de la BCE a pour conséquence une appréciation nominale de l’euro de 0,35 % face au dollar.

Or, depuis le mois de mars, le bilan de la Fed a crû 16 % plus vite que celui de la BCE, selon ces économistes. Ainsi, sur les 10 % d’appréciation de l’euro par rapport au dollar, 5,6 points de pourcentage seraient du seul fait de cette dynamique différenciée des bilans des deux Banques centrales - en supposant un coefficient d’élasticité de 0,35. Mais par quel canal cela a-t-il eu lieu ? Entre autres parce qu’un programme d’achat d’actifs plus massif du côté américain a pour effet de resserrer l’écart de taux d’intérêt entre le marché monétaire de la zone euro et celui de l’Oncle Sam. Concrètement, le taux d’intérêt du marché monétaire américain diminue, ce faisant, il est moins attractif pour un investisseur de détenir un dépôt à terme libellé en dollars, ce qui pèse à la baisse sur le billet vert et à la hausse sur la monnaie unique.

Cette étude confirme que les programmes de rachats d’actifs sont une arme redoutable pour ce qui est d’exercer une influence baissière sur le taux de change. Il ne fait guère de doute que la probable augmentation de l’enveloppe du programme d’achat d’urgence pandémique de la BCE (PEPP) qui pourrait être annoncée en décembre sera également effectuée à cette aune. De fait, un euro plus faible permettra à la BCE d’importer une inflation qui lui fait cruellement défaut.

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