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Argentine défaut dette contrôle des changes faillite

Macro-économie / Taux / Argentine / Dette / Taux de change

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C'est le début de la fin en Argentine

Le pays est à nouveau au bord de la faillite et le Président de droite tente désespérément d'enrayer la fuite des capitaux, quitte à renouer avec le contrôle des changes. 
Pesos argentin - argentine - émergents
Pesos argentin - argentine - émergents

Le Président argentin Mauricio Macri ne sait plus comment sauver sa peau ni celle de son pays. Menacé par le mouvement populiste ancré à gauche, dit ticket péroniste, le chef de l'Etat a décrété hier instaurer un contrôle des changes, l'idée étant de regagner la confiance des marchés terrifiés par la perspective d'un nouveau défaut de paiement sur sa dette. Soit l'une des mesures qu'il reprochait le plus à Cristina Kirchner, Présidente de l'Argentine de 2007 à 2015. 

Selon le décret signé par le Président Macri et publié dimanche 1er septembre, le contrôle des changes restera en vigueur jusqu’au 31 décembre 2019 et oblige les entreprises à demander l’accord de la Banque centrale pour obtenir les devises souhaitées. Les particuliers ne pourront ni effectuer de virements à l'étranger d’un montant supérieur à 10.000 dollars, ni acheter des devises étrangères pour une somme similaire. 

La Banque centrale argentine va donc arrêter de piocher dans ses réserves de change pour soutenir la monnaie locale qui n’en finit plus de s’effondrer. Depuis que le pays a plongé dans une récession économique en janvier 2018, le peso a perdu 70 % de sa valeur face au dollar américain. Et sur le seul mois d’août, il a chuté de 23 %. L’intervention du gouvernement sur le marché des changes a lieu au moment où l’Argentine endure un désastre économique, qui n’est pas sans rappeler l’effondrement que le pays a connu en 2001. L’inflation annuelle dépasse désormais les 50 % ce qui a pour conséquence d’élever à plus d'un tiers la proportion de la population vivant sous le seuil de pauvreté. Quant à l’endettement de l’État, il dépasse actuellement 100 % du PIB alors qu’il était contenu en dessous des 40 % avant que Mauricio Macri prenne le pouvoir en 2015.

L’Argentine a demandé le 28 août au Fonds monétaire international (FMI) de rééchelonner dans le temps sa dette à 57 milliards de dollars dont les premiers remboursements sont censés intervenir dès 2021. Même si le FMI s’est dit compréhensif et prêt à étudier la demande, les créanciers de la dette argentine sont prévenus : rien ne les assure d’être remboursés à terme. Car la dévaluation du peso rend le poids des dettes libellées en dollars insoutenables pour les entreprises et l'État. Quand il fallait 4.550 pesos pour rembourser une dette de 100 dollars au début du mois d’août, il en faut désormais 5.950. Le pays qui a déjà fait faillite à huit reprises depuis son indépendance en 1816, voit ainsi de nouveau un défaut de paiement se dessiner.

Le pays pourrait potentiellement faire défaut au lendemain des élections présidentielles qui se tiendront le 27 octobre prochain. Car avec la défaite annoncée de Mauricio Macri face au ticket péroniste d'Alberto Fernandez, les marchés pourraient sanctionner l’arrivée au pouvoir d’un mouvement anti-libéral par un retrait massif de capitaux. Et les agences de notation l’ont bien compris. Fitch Ratings et Standard & Poor's ont conjointement abaissé leur note sur les titres argentins de "CCC" à "CCC -". À ce rang, l’Argentine est en "défaut partiel" et elle n’est plus qu’à un cran d’être considérée en défaut pur et simple.

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