Politique économique / Argentine / Mauricio Macri / Alberto Fernandez / Cristina Fernandez de Kirchner / peso / fmi / péroniste
Politique économique
Argentine / Mauricio Macri / Alberto Fernandez / Cristina Fernandez de Kirchner / peso / fmi / péroniste
L'Argentine au bord d'une nouvelle crise ?
Le Président Mauricio Macri a pris le pouvoir en 2015 et comptait marquer la rupture avec sa prédécesseure Cristina Fernández de Kirchner. Il avait réussi à regagner la confiance des investisseurs avec la mise en place de politiques libérales. Mais l'Argentine est vite retombée dans la crise avec des indicateurs comme l'inflation ou le chômage qui sont, aujourd'hui, dans le rouge. Le président argentin a même demandé un prêt de 57 milliards de dollars au FMI pour payer sa dette en mai dernier. Ce que l'on appelle faire de la "cavalerie".
Et si l'économie argentine est en difficulté, ce qui inquiète surtout les marchés dernièrement ce sont les élections présidentielles de septembre et la possible arrivée des péronistes au pouvoir. De fait, la population argentine est exaspérée par les mesures d'austérité et la mauvaise gestion du pays par Mauricio Macri. Sous son mandat, la dette a explosé passant de 40 % du PIB sous Cristina Fernández de Kirchner à plus de 100 % aujourd'hui. L'inflation tourne autour de 50 %, deux fois plus élevée qu'en 2015, et 33 % des argentins vivent sous le seuil de pauvreté selon une étude de l'Université Catholique argentine. Ainsi, cette indignation de la part des Argentins s'est reflétée dans les urnes lors des élections primaires ouvertes, simultanées et obligatoires (PASO).
Cet évènement est une sorte de sondage national en vue des élections de septembre. Or, c'est le ticket péroniste composé d'Alberto Fernandez et de sa colistière, Cristina Fernandez de Kirchner, ex-présidente du pays, qui a remporté ce vote test. Avec 47 % des suffrages, ils arrivent bien loin devant Mauricio Macri qui ne reçoit que 32 % des voix. Un résultat, qui s'il se reproduisait en septembre prochain, verrait l'élection d'Alberto Fernandez dès le premier tour. Selon la loi électorale argentine, pour être élu, il faut obtenir au moins 45 % des suffrages, ou bien 40 % et une avance de dix points sur le candidat arrivé deuxième.
Le mouvement péroniste est un mouvement populiste qui est profondément ancré à gauche. Et si Alberto Fernandez a expliqué vouloir "changer le schéma spéculatif [de l'économie] en schéma productif", il n'a fait que très peu de propositions concrètes. Il a tout de même assuré qu'il comptait rembourser la dette auprès du FMI, mais a annoncé vouloir en renégocier les termes. Seulement pour un pays qui a déjà fait défaut six fois, ces annonces semblent légères et c'est bien le risque de non-remboursement de la dette souveraine qui a effrayé les marchés le lendemain des élections. De fait, lundi le peso a perdu 19 % face au dollar et la bourse argentine s'est écroulée de 38 % de sa valeur.
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