Macro-économie / Taux / Emergents / Contrôle des capitaux / Taux de change / croissance
Macro-économie / Taux
Emergents / Contrôle des capitaux / Taux de change / croissance
La crise des économies émergentes... 20 ans que ça dure
La contribution potentielle des économies émergentes à la croissance mondiale est conséquente mais les difficultés macro-économiques que rencontrent ces pays continuent de les écarter de leur potentiel de croissance. Contacté par WanSquare, le chef économiste de Natixis, Patrick Artus le dit à juste titre : "Nous parlons de 'crise du futur' mais nous avons d'ores et déjà une crise. C'est celle des émergents [...]. La moitié du monde est en crise chronique depuis vingt ans."
La cause première de cette instabilité provient des flux de capitaux. "Le problème vient de la finance ! On a totalement supprimé les obstacles à la libre circulation des capitaux. Ainsi, nous avons une oscillation continuelle des capitaux qui, certaines années entrent massivement dans les émergents, ce qui leur crée un problème d’excès de liquidité et d’autres années, repartent, ce qui leur crée cette fois un problème de rationnement de crédit et de hausse des taux d’intérêt", détaille l'économiste. Le résultat de cette configuration macro-économique est qu'il existe une incertitude forte sur les prochains volumes d'investissements. Alors cela entraîne des variations sur les taux de change des devises des émergents. À ce jour, plusieurs monnaies en subissent les conséquences : le peso argentin a décroché de 23 % face au dollar depuis de début de l’année. Le real brésilien a varié de plus de 150 % depuis 2012. Quant à la livre turque, elle s’est dépréciée de 19 % depuis le mois de janvier. Comment développer judicieusement une économie à l'intérieur de laquelle le taux de change est aussi instable ? "Impossible ! Dans de telles conditions, tout le monde meurt !" répond Patrick Artus.
Et les émergents s'en remettent naturellement à l'endettement pour soutenir leur activité, une solution qui inquiète tant le FMI que l'OCDE qui ne cessent de tirer la sonnette d'alarme sur la hausse des dettes souveraines et privées mondiales. Toujours selon l'expert, la seule solution tient à "un meilleur contrôle des capitaux, ce que font les Chinois et personne d’autre pour l’instant". Une régulation qui paraît nécessaire puisque cela permettrait aux entreprises de sécuriser leur approvisionnement, de stabiliser le prix à l'import des matières premières, et d'obtenir un niveau de compétitivité des exportations relativement stable.
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