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Fitch Dette

Macro-économie / Taux / Fitch / économies avancées / Emergents / Dette

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Fitch / économies avancées / Emergents / Dette

Cette surprenante convergence entre économies avancées et émergentes

Fitch estime que l’année prochaine, les paiements d’intérêts liés à la dette souveraine seront équivalents entre les économies émergentes et développées alors que la dette de ces dernières est trois fois plus importante. L’agence de notation américaine y voit trois conséquences…
Emergents
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L’année 2020 aura été extraordinaire à plus d’un titre. L’un des événements ayant jalonné l’année passée est l’immense quantité de dette souveraine générée pour faire face à la crise pandémique. L’agence de notation américaine Fitch estime que ce sont 10.000 milliards de dollars qui sont venus s’ajouter à une dette souveraine mondiale qui représenterait désormais 77.800 milliards de dollars. Évidemment, les agences de notations surveillent la dynamique de la dette pour chaque pays comme le lait sur le feu, en ce sens qu’elles doivent analyser si cela remet en cause sa soutenabilité, et donc la note qu’elle lui attribue. C’est ainsi qu’en 2020, Fitch a procédé à 51 dégradations (baisse de la note) visant 33 pays et 27 d’entre eux furent des économies émergentes.

Si les pays émergents ont donc été plus affectés par cette hausse inédite de la dette que les pays développés, ils partageront ensemble bientôt un point commun. En effet, selon Fitch, si la dette souveraine des économies avancées est trois fois plus importante que celles des économies émergentes, les paiements d’intérêts versés par ces dernières seront équivalents à ceux des pays développés l’année prochaine (860 milliards de dollars). La cause ? Les politiques monétaires non conventionnelles menées dans les pays développés qui ont pesé à la baisse sur les charges d'intérêts tandis que ce type de politique n'avait pas lieu jusqu'à récemment au sein des émergents.

Et l’agence de notation américaine y voit trois conséquences."Tout d'abord, il y aura des épisodes supplémentaires de stress et de défaillance", anticipe la firme américaine. C’est plutôt passé inaperçu, mais il y a eu cinq défauts souverains l’an passé (Argentine, Équateur, Liban, Suriname et Zambie), soit un record ! Ensuite, certains marchés émergents qui ne sont pas exposés au risque de défaillance et dont les marchés de la dette en monnaie locale sont bien développés continueront à mener des politiques monétaires non conventionnelles. Rappelons que plus d’une dizaine de banques de centrales émergentes (Pologne, Thaïlande, Afrique du Sud entre autres) ont opté pour des politiques monétaires non conventionnelles pour lutter contre la crise pandémique. "Un risque à surveiller est de savoir si les responsables politiques des marchés émergents poussent les politiques non conventionnelles trop loin ou trop longtemps, et finissent par saper la confiance du marché qui a permis leur déploiement initial", analyse Fitch.

Enfin, si les politiques monétaires non conventionnelles, notamment les achats d'obligations d'Etat, sont possibles pour certaines économies émergentes et leur permettent donc de jouir de taux d'intérêt plus faibles, ce n'est pas le cas pour toutes. Aussi, lorsque les spreads (l'écart entre le coût de financement des émergents et celui des économies avancées) sont stables ou s'accroissent, les États souverains des marchés émergents pourraient être davantage incités à se tourner vers le financement en devises. Un financement dont se sont écartés les émergents ces dernières années puisque la médiane de la part de la dette publique en monnaie locale sur les marchés émergents a culminé à 50 % en 2013 et n'a fait que baisser depuis, note Fitch. "Un déclin plus rapide inverserait l'une des plus grandes améliorations de la solvabilité des marchés émergents au cours des deux dernières décennies en signant le retour d'un risque de change plus important pour la dette souveraine émergente", alerte Fitch.

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