WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche
Abonnez-vous
Abonnez-vous à notre newsletter quotidienne
WeWork IPOs Softbank cessions d'actifs

IPO / WeWork / IPO / Fitch

IPO
WeWork / IPO / Fitch

La cure d’amaigrissement forcée de WeWork

Après avoir reporté son IPO et poussé son CEO vers la sortie, le groupe de bureaux partagés a vu sa note dégradée de deux crans par Fitch mardi. La participation de Softbank met en vente des récentes acquisitions pour faire rentrer du cash pour redorer son blason.
Bureaux partagés (Crédits : DR)
Bureaux partagés (Crédits : DR)

Après la déconfiture de l’IPO, l’heure des décisions drastiques. WeWork - rebaptisé The We Company -, qui a officiellement mis fin à son projet d’IPO lundi, doit maintenant se refaire une santé financière pour espérer revenir frapper à la porte de la Bourse dans quelques mois. D’autant que l’agence de notation Fitch vient de dégrader sa note de deux crans mardi, expliquant qu'avec l'ajournement de l'IPO, il n'avait pas "assez de financement pour assurer sa croissance". Selon la presse américaine, le groupe de bureaux partagés, qui ambitionnait au départ de lever 3,5 milliards de dollars pour son IPO, lance aujourd’hui plusieurs cessions d’actifs afin de faire rentrer de la trésorerie, et à terme présenter un meilleur dossier aux potentiels investisseurs d’une introduction en Bourse. Il aurait ainsi mis en vente sa part de 23 % dans The Wing, un groupe de co-working destiné exclusivement aux femmes et valorisé 58 millions de dollars dans son prospectus, ou encore la plateforme d’organisations d’événements Meetup.

Cette initiative est plus que nécessaire. WeWork, qui a poussé son sulfureux CEO et cofondateur Adam Neumann vers la sortie fin septembre avant de mettre fin à un humiliant process d’IPO, doit désormais améliorer son image mais aussi ses comptes, s’il veut un jour repartir en roadshow auprès des investisseurs. Le groupe, qui était valorisée 47 milliards de dollars lors de son dernier tour de table en 2018, n’a pas rencontré le même accueil auprès de la Bourse en raison de ses performances financières : le groupe a perdu 2 milliards de dollars en 2018 pour 1,8 milliard de revenus. Et au rythme où il brûle son cash, pourrait se retrouver à court de liquidités dès le deuxième trimestre 2020. Après s’être implanté agressivement dans 32 pays et avoir dépensé à tout-va dans des acquisitions – dont certaines étaient d’une opportunité douteuse – il n’a donc pas encore démontré son business model ni sa voie vers les profits.

L’avenir de WeWork est crucial pour ses employés, le marché américain des IPO tech, mais aussi et surtout les actionnaires et en premier lieu Softbank, qui a investi plus de 8 milliards de dollars dans le groupe, en direct et via son fonds Vision Fund de 100 milliards de dollars. Selon les calculs des banques, il faudrait que WeWork soit valorisé au moins 24 milliards de dollars en Bourse pour que son actionnaire principal rentre dans ses frais, alors que sa participation aurait envisagé de descendre jusqu’à 10 milliards lors du dernier process. Le groupe de Masayoshi Son n’a pas d’autre choix que de soutenir WeWork, et envisage d’y réinjecter 1,5 milliard de dollars pour garantir un nouveau prêt bancaire et être financé dans les prochains mois. Le milliardaire japonais devra gérer ce dossier délicat et en sortir avec succès s’il veut convaincre des investisseurs d’abonder son deuxième Vision Fund, surtout en raison des déboires de son partenaire, le fonds saoudien.

 

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article