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Les taux seront-ils durablement bas ?

Macro-économie / Taux / taux d'intérêts / BRI

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taux d'intérêts / BRI

Les taux seront-ils durablement bas ?

Le maintien prolongé de taux bas était un point sur lequel toutes les Banques centrales s’accordaient. Mais cette certitude est ébranlée par le comportement des marchés obligataires, affirme Claudio Borio, de la BRI.
Banque centrale - Vilnius - Lituanie
Banque centrale - Vilnius - Lituanie

Au cours du dernier trimestre, les investisseurs se sont massivement tournés vers la Bourse dans un climat d'euphorie, les politiques expansionnistes des Banques centrales soutenant le marché des actions et encourageant la prise de risque. Les introductions en Bourse à tout va, la facilité pour les entreprises à lever des fonds, l'irruption de nouveaux investisseurs particuliers qui empruntent pour opérer des placements en actions (comme l'illustre l'exemple de Gamestop) et le nouveau succès des cryptoactifs témoignent d’un goût pour le risque et d’une effervescence qui s'éloigne de la norme.

La BRI, dans son rapport trimestriel paru ce lundi, opère même un parallèle entre le comportement actuel des marchés et les sommets atteints par les indices boursiers au temps du boom des valeurs technologiques de la fin des années 1990. Mais cette fois-ci, la hausse du marché des actions s'explique par les plans de relance des gouvernements, la politique monétaire accommodante des Banques centrales et les espoirs suscités par le déploiement du vaccin, détaille l'institution. Les investisseurs ont finalement peu pris en compte les "risques extrêmes" souligne-t-elle, la valeur de certains actifs étant pourtant encore largement dépendante du succès de la campagne de vaccination en cours.

La suite dépendra du maintien - ou non - des taux à leur niveau actuel, le rendement des actions étant plus sensible à une variation de politique monétaire en période de taux particulièrement bas, soit en dessous de leurs valeurs médianes précise le rapport de l'institution.  Au vu du comportement des marchés, la BRI s’interroge sur les décisions à venir des Banques centrales qui pourraient vouloir couper court à la formation d’une bulle boursière, et permettre ainsi - en rendant le marché obligataire plus attractif - un rééquilibrage des portefeuilles des investisseurs.

"On considérait que les taux seraient bas aussi longtemps qu'il était possible de faire des prévisions mais désormais, on commence à douter de la durée de ce statu quo", avance Claudio Borio, directeur du département économique et monétaire de la Banque des règlements internationaux (BRI). Cette remise en question repose sur un constat : l'augmentation des rendements des obligations longs termes aux États-Unis et en Europe depuis un mois. Cette hausse des marchés obligataires pourrait entrainer une remontée des coûts de financement, estime la Banque centrale des Banques centrales.

Pourtant, si l’on s’en tient aux déclarations récentes de Jérôme Powell, président de la Réserve fédérale des États-Unis - qui s’est exprimé à ce sujet la semaine dernière -, de Christine Lagarde et Luis de Guindos, soit la présidente et le vice-président de la Banque centrale européenne (BCE), la politique monétaire Outre-Atlantique et celle du Vieux continent seront durablement accommodantes et aucune augmentation des taux d’intérêt n’est pas à craindre à court terme. "La BCE contribuera à faire en sorte que les entreprises et les familles puissent accéder aux financements dont elles ont besoin […] en ayant confiance dans le fait que les conditions de financement ne seront pas resserrées prématurément", a affirmé lundi sa présidente Christine Lagarde. Luis de Guindos a renchéri dans la même journée : "Si nous en arrivons à la conclusion que [la hausse des taux nominaux aura un impact sur les conditions de financement], nous sommes totalement ouverts à un recalibrage de notre programme, y compris de l'enveloppe du Programme d'achats d'urgence face à la pandémie. Nous avons de la marge pour agir et nous avons des munitions".

 

 

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