Banques / Société Générale / Résultats trimestriels / nomination / crise énergétique / guerre russo-ukrainienne / taux d'intérêts / Livret A
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Société Générale / Résultats trimestriels / nomination / crise énergétique / guerre russo-ukrainienne / taux d'intérêts / Livret A
Société Générale joue la carte de la prudence / La banque nomme un nouveau directeur des risques
La banque rouge et noire passe au vert. Alors qu’au trimestre précédent, Société Générale avait fait état d’une perte nette de près de 1,48 milliard d’euros, en raison d’une charge exceptionnelle due à la cession en mai de sa filiale russe Rosbank, son résultat net part du groupe s’est établi à 1,5 milliard d’euros au troisième trimestre. Une bonne nouvelle qui peut cependant se révéler frustrante pour la banque.
Hausse du coût du risque
En effet, il est encore en recul de 6,4% sur un an. C’est certes mieux que les prévisions des analystes qui tablaient en moyenne sur un résultat net part du groupe à 999 millions d’euros, mais il est impacté par les provisions que Société Générale a décidé de mettre de côté, "des provisionnements de prudence compte tenu des incertitudes géopolitiques et des politiques monétaires à venir ", a tenu à rassurer Frédéric Oudéa, le directeur général, lors d’une conférence téléphonique.
Le coût du risque (sommes destinées à absorber les éventuels impayés) s’affiche sur la période à 31 points de base, soit 456 millions d’euros. Il comprend une provision sur encours douteux (154 millions d’euros) et plus majoritairement une provision complémentaire sur encours sains (302 millions d’euros), portant à fin septembre, le stock de provisions sur ces derniers à 3,75 milliards d’euros, en hausse de 399 millions d’euros sur 2022. A noter que la banque a toutefois confirmé que le coût du risque pour l’année 2022 resterait attendu entre 30 et 35 points de base du total des encours. " Le niveau de défaut de paiement est resté limité sur la période ", a précisé Claire Dumas, la directrice financière du groupe.
Son taux de solvabilité est pourtant excellent, Au 30 septembre, celui-ci s’établissait à 13,1%, soit environ 380 points de base au-dessus des exigences réglementaires, contre 12,9% fin juin.
Nouveau directeur des risques
Des risques que la banque prend très au sérieux. Société Générale a annoncé, ce jeudi en fin d’après-midi, la nomination de Stéphane Landon au poste de directeur des risques du groupe à partir du 1er décembre prochain. Il reprendra le poste de Sadia Ricke, partie en septembre chez la banque britannique Standard Chartered. Il s’agit d’une nouvelle promotion pour cet X-Ponts et Chaussées, qui avait intégré la banque en 1989, puisqu’il était jusqu’alors directeur délégué des risques. Rappelons qu’il est membre du comité de direction du groupe depuis le mois de janvier 2021.
Ingénieur, il avait en effet passé les vingt premières années de sa carrière au sein des équipes fixed income de la banque de financement et d’investissement du groupe à Paris et à Tokyo, officiant notamment comme responsable des activités de change puis comme co-responsable des activités de taux et de crédit. En 2010, il avait rejoint la direction financière de Société Générale en qualité de directeur de la trésorerie. Il avait été nommé, en 2018, directeur financier de Société Générale Amériques.
Le Livret A freine la banque de détail
Pour le reste, la banque dirigée pour encore quelques mois par Frédéric Oudéa a de quoi être satisfaite. Son produit net bancaire (PNB, équivalent du chiffre d’affaires) est en progression de 2,3% au troisième trimestre sur un an à 6,828 milliards d’euros. Là aussi, c’est mieux que ce que prévoyait le consensus FacSet qui s’attendait à un PNB à 6,32 milliards d’euros.
La rentabilité de l’activité de banque de détail du groupe (agences Société Générale et Crédit du Nord qui fusionneront l’an prochain) est toutefois freinée. Si les revenus en France se montrent résilients avec une progression de 0,5% sur un an avec des revenus à 2,18 milliards d’euros, la hausse des livrets d’épargne réglementée (le taux du Livret A est passé de 1 à 2% en août) et l’effet de décalage dans le temps de la hausse des taux des nouveaux prêts immobiliers du fait des taux d’usure se font ressentir. Ainsi, le bénéfice net est amputé de 27% à 343 millions d’euros.
Les autres métiers sont restés très dynamiques. Le résultat net des réseaux de banque de détail à l'international progresse de 6,8% au troisième trimestre. De même, la banque de grande clientèle et solutions investisseurs voit ses revenus augmenter de 3,9% en données comparables tandis que les activités de marché et de services aux investisseurs sont en hausse de 5,2%. Celles de financement et de conseil prennent 1,5% sur un an. Au total, sur les neufs premiers mois de l’année, la banque rouge et noire voit ses revenus progresser de 10,9% en glissement annuel.
Elle a, en outre, décidé de relever son objectif de rentabilité 2022, indiquant le coefficient d’exploitation est désormais attendu au bas de sa cible de 64% alors qu’elle prévoyait précédemment un coefficient entre 64% et 66%. Il était à 59,6% à fin septembre.
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