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Unicredit-Commerzbank : Jean-Pierre Mustier jette l’éponge
C’était le scénario alternatif à celui de Deutsche Bank et Commerzbank pour une consolidation bancaire en Europe : dès l’échec de la constitution d’un leader bancaire allemand, l’italien Unicredit avait manifesté son intérêt pour Commerzbank. Sous la houlette de son patron Jean-Pierre Mustier, la banque avait mandaté Lazard et son banquier, Jörg Asmussen (l’ancien ministre délégué aux Finances allemand) et JP Morgan pour l’accompagner, dès la mi-mai, tandis que Commerzbank était conseillée par Goldman Sachs et Rothschild. Las, les discussions ne seront pas allées très loin : selon Reuters, Unicredit a décidé de mettre fin au process lorsque son interlocutrice lui a indiqué avoir "besoin de temps pour réfléchir au meilleur plan d’action".
Une grosse déception pour Jean-Pierre Mustier, qui planche sur l’internationalisation de sa banque, encore trop dépendante de son marché domestique, depuis son arrivée à l’été 2016. L’homme n’est pas dupe, il reconnaît que les banques européennes ont à ce stade perdu la bataille de la banque d’investissement face à leurs concurrentes anglo-saxonnes, y compris sur leur propre terrain de jeu. Mais aussi qu’elles pâtissent d’un environnement encore plus difficile, en raison à la fois de la croissance atone du Vieux Continent et des taux d’intérêt négatifs, qui rognent les marges des banques.
Pour le PDG donc, une seule solution : les économies de coûts. "Aujourd’hui, les fusions ne peuvent fonctionner qu’avec des économies de coûts", a-t-il ainsi répété à Financial News fin mai. L’homme expliquait alors que s’il était convaincu qu’une consolidation bancaire européenne était possible dès maintenant il n’était pressé de boucler un deal, et surtout pas tant que le management et les syndicats de Commerzbank n’approuvaient pas une douleur "à court terme" pour des gains sur le long terme.
S’il avait aussi promis de laisser Commerzbank en Allemagne et envisageait même de coter le nouvel ensemble à Francfort, le discours ferme de Jean-Pierre Mustier a pu en effrayer plus d’un en Allemagne. Mais l’homme est partisan du franc-parler et sans concession, comme en témoigne sa décision de quitter la direction de la banque d’investissement en 2014 dont il voulait augmenter les coussins de capitaux, avant d’être rappelé en 2016.
Pour cet homme de convictions donc, qui en tant qu’ancien parachutiste dans l’armée promet de "diriger par l’exemple", la consolidation bancaire européenne, nécessaire mais pas à toutes les conditions, se fera plus tard ou sous un autre format. Un mariage avec son ancienne maison, Société Générale, fait aussi partie des scénarios envisagés.
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