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Deutsche Bank-Commerzbank : la victoire du modèle bancaire américain
De l’autre côté de l’Atlantique, l’annonce de l’échec des discussions entre Deutsche Bank et Commerzbank a une autre signification pour la presse américaine : la preuve de la victoire du modèle bancaire américain par rapport à leurs concurrentes européennes depuis la crise financière. "Le capotage du rapprochement entre Deutsche Bank et sa rivale allemande Commerzbank met en évidence le redressement inégal entre les prêteurs des deux côtés de l’Atlantique et la façon dont les décisions prises après la crise résonnent aujourd’hui", analyse ainsi le Wall Street Journal. Car l’opération envisagée devait mettre Deutsche Bank sur "le chemin vers la stabilité et la rentabilité". A l’inverse, "la firme est laissée vulnérable étant donné que ses activités cœur globales sont distancées par ses concurrentes américaines". Et de pointer la divergence majeure de profitabilité entre Deutsche Bank, qui a publié un résultat net de 200 millions d’euros au premier trimestre la semaine dernière, et JP Morgan qui a dégagé un profit 40 fois plus important, à 9,18 milliards de dollars.
Ce retard se manifeste aussi dans la performance boursière de ces acteurs, puisque le titre d’une des banques les plus durement frappées par la crise, Citigroup, est en hausse de 34 % cette année, contre 5,7 % pour Deutsche Bank. La banque allemande cote à seulement un quart de sa valeur comptable, mais cela est aussi lié à son maigre rendement sur fonds propres à 0,4 % (contre 12,6 % pour JP Morgan). "Les banques européennes ont de manière générale plus été à la peine depuis la crise financière. Cela est en partie lié au faible environnement macro, la crise de la zone euro et les taux d’intérêt négatifs qui ont pesé sur les profits", constate le Wall Street Journal.
Mais ce n’est pas tout. "Les banques européennes ont aussi pris du retard en raison des décisions prises pendant et après la crise. Aux États-Unis, les banques ont été forcées d’accepter le financement du gouvernement, de mettre à jour leurs pertes plus rapidement et de consolider leurs bilans. En Europe, les banques ont été plus lentes pour nettoyer leurs prêts ou pour muscler leurs coussins de capitaux", juge le quotidien. Conséquence : alors que les banques US sont considérées comme puissantes, "en Europe les banques continuent à boiter et presque toutes les plus grandes firmes financières s’échangent sous leur valeur comptable ou leurs actifs nets – un signe de la défiance du marché".
Pour preuve, Deutsche Bank vaut désormais 150 milliards de moins que Citigroup, alors qu’elle était valorisée 30 milliards de plus mi-2009. Comme pour ses consœurs du Vieux Continent, la presse américaine est donc particulièrement inquiète au sujet du leader bancaire allemand. "Deutsche Bank revient à une place froide et sombre", titrait vendredi Bloomberg, selon qui "au moins Commerzbank a l’option d’autres deals. Son plus grand concurrent allemand n’a pas d’autre choix que de revenir à ses problèmes durables de coûts". "Pas de ‘happy ending’ pour les plus grandes banques allemandes", résume enfin une éditorialiste de Forbes. "Deutsche Bank a de gros, gros problème et les rêves allemands de créer un ‘champion bancaire national’ ont été réduits en fumée".
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