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Private equity : pourquoi cette crise est bien différente de 2009

Lors de son rapport trimestriel sur le private equity, Triago s’est attelé à comparer le contexte actuel à la crise financière en 2009. Le non coté est prêt à repartir bien plus rapidement, mais la concurrence acerbe va impacter les prix, et donc les opportunités.
La tendance se retourne sur le Private Equity - Crédit Photo : DR
La tendance se retourne sur le Private Equity - Crédit Photo : DR

La pandémie mondiale et l’arrêt brutal de l’activité partout dans le monde posent beaucoup de questions sur l’avenir des entreprises et de l’investissement, carburant essentiel pour la reprise économique. À ce titre, la tendance naturelle est de comparer la dernière crise financière de 2009, lorsque le décrochage des subprimes et la faillite conséquente de Lehman Brothers avaient bouleversé l’écosystème mondial. C’est l’exercice auquel s’est livré l’agent de placement Triago, dans son rapport trimestriel sur le private equity.

Graphiques à l’appui, Triago montre que lors de la crise de 2009, les marchés et le private equity avaient atteint un point bas simultanément, au premier trimestre 2009, la dislocation de prix sur le marché secondaire s’était résorbée en 24 mois, mais le faible niveau des sorties avait impacté les retours aux Limited Partners, et par conséquent les volumes des levées de fonds. Qu’en est-il aujourd’hui ? Le rebond des marchés a été rapide, comme en témoigne le spectaculaire retour du S&P 500, qui a gagné plus de 40% depuis son point bas de mars et n’est plus qu’à 5 % de son record historique atteint en février dernier. Si bien que sauf en cas de résurgence des infections, le point bas des marchés – et donc des valorisations du private equity – semble dépassé. Selon les calculs de Triago, la valeur de l’actif net réévalué des fonds a baissé de 7,2% au premier trimestre, soit bien moins que les plus de 20 % de 2009.

La chute des valorisations a été contenue grâce à un ensemble de mesures exceptionnelles de soutien, des banques centrales comme des gouvernements. Dans ce contexte, les gérants n’ont déjà plus qu’une idée en tête : investir pour saisir des opportunités uniques, et ne pas passer à côté de la reprise. Mais la liquidité historique concerne aussi le non coté : des niveaux records de "dry powder", c’est-à-dire d’argent levé mais pas encore investi, soit 1.500 milliards de dollars à dépenser au plan mondial. Mais aussi la volonté des Limited Partners d’augmenter encore leurs allocations au non coté, dans un souci de diversification.

Si bien que la concurrence s’annonce encore plus acerbe que dans le passé. Dans ce contexte, les stratégies plus “marginales” ont une carte à jouer, note Triago, comme le distressed, les PIPE (Private Investment in Public Equities, soit des investissements dans des groupes cotés, à une valorisation intéressante) ou encore des niches sectorielles comme la santé ou les infrastructures digitales. On devrait aussi assister à la résurgence des carve-out chez les grands groupes, ou encore du crédit structuré ou des actions de préférence. La situation est également plus enthousiasmante du côté du secondaire, qui avait atteint un record de 83 milliards de dollars l’an passé et affiche 140 milliards de dollars de "dry powder", soit quatre fois plus qu’en 2008.

Enfin, reste la question des levées de fonds. Après un premier trimestre très résilient, qui a vu les collectes progresser de 6% à 129 milliards de dollars, un coup d’arrêt est à attendre au deuxième trimestre, les levées de fonds ayant été mises en pause pendant le confinement. Mais la baisse limitée des ANR et le rebond des marchés laissent cette fois espérer une reprise plus rapide qu’en 2009.

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