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Les montagnes russes d’Apple
Une Pomme qui reprend des couleurs. Après une semaine catastrophique en Bourse, en raison des inquiétudes liées à l’essor du coronavirus hors de Chine, le groupe a pleinement profité du rebond des marchés lundi. Au terme d’une séance où le S&P 500 s’est envolé de près de 5 %, le titre Apple a grimpé de plus de 9 % et repris plus de 100 milliards de dollars de capitalisation boursière en une seule séance. Il faut dire que le groupe de Tim Cook avait particulièrement souffert des craintes sur le virus né en Chine, tant il dépend du pays pour sa production mais aussi pour ses ventes. Il y a deux semaines, il a d’ailleurs été la première multinationale à émettre un avertissement sur comptes, annonçant qu’il n’atteindrait pas ses objectifs de ventes sur le premier trimestre 2020.
Ce n’est pas la première fois qu’Apple est chahuté par des problèmes avec l’Empire du Milieu. Depuis deux ans, ils étaient d’ordre géopolitique : le groupe a subi les nombreux rebondissements des tensions commerciales entre États-Unis et Chine, avant que Donald Trump ne signe enfin un accord de phase 1 avec son homologue chinois en fin d’année dernière. Après avoir misé à fond sur le développement de la production industrielle chinoise pendant des années – main dans la main avec son principal sous-traitant Foxconn -, la firme a commencé à étudier plusieurs schémas de production dans d’autres pays pour réduire sa dépendance au pays, mais aussi à un régime autoritaire et inflexible.
Il a par exemple développé des activités au Vietnam, où le groupe fabrique les écouteurs AirPods Pro depuis l’instauration des droits de douane par l’administration Trump. Mais Apple a dû se rendre à l’évidence : aucun pays n’offre les mêmes opportunités en termes de tailles d’usines et de main d’œuvre, capables de gérer toute la chaîne de production. Seul l’Inde se mesure sur l’importance de la main d’oeuvre et Apple y a installé de la fabrication pour échapper aux 20 % de taxes d’importation venant de Chine. Mais le pays ne peut en revanche pas s’aligner en termes de qualité d’infrastructures et de transport, ce qui limite les perspectives.
Autre raison de se diversifier, Apple a vu ses parts de marché s’effriter en Chine : elles sont passées de 12,5 % en 2015 à 8 % selon Canalys, en raison de la concurrence du chinois Huawei. Mais le groupe tire toujours 25 % de ses revenus du pays, si bien que le coup d’arrêt lié au coronavirus est un vrai coup dur pour ce début d’année. Pour ne pas en rajouter, Tim Cook n’a pu que se montrer optimiste lors de sa dernière intervention en fin de semaine dernière, faisant valoir que les usines reprenaient progressivement leurs activités. Un discours obligatoire pour le CEO, qui a été lui-même l’artisan du transfert de production des États-Unis vers la Chine dans les années 2000. Mais force est de constater que pour le moment, la plus grosse firme au monde – 1.300 milliards de dollars de capitalisation - n’a pas d’alternative solide à une production chinoise.
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