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Macro-économie / Taux / obligations / coronavirus / Assureur

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Coronavirus : les "pandemic bonds" ne valent plus rien

Le remboursement de ces obligations, émises par la Banque mondiale en juin 2017 pour financer la lutte contre les épidémies dans les pays pauvres, est fonction de la vitesse de propagation du virus et du nombre de décès associés à la maladie. Sans surprise, leur cours s'est littéralement effondré depuis fin janvier.
Epidémie Coronavirus Désinfection
Epidémie Coronavirus Désinfection

"Nous sommes en terre inconnue", a déclaré hier soir le président de l'Organisation Mondiale de la Santé, Tedros Adhanom Ghebreyesus au sujet de la propagation du coronavirus. Il faut dire qu'un peu plus d'un mois après le début de l'épidémie, le bilan est lourd : avec 90.937 personnes contaminées et 3.117 morts dans le monde, le Covid-19 frappe désormais plus de 70 pays sur les cinq continents. Si les bourses mondiales ont repris quelques couleurs, grâce à l'annonce d'une action coordonnées de la part  des pays du G7 et des banques centrales, les investisseurs ayant acheté des "pandemic bonds" eux, sont inquiets. Car vu le niveau de propagation et le nombre de décès associés au virus, il est plus que probable qu'ils ne seront pas remboursés.

En quoi consistent ces obligations ? Émises en juin 2017 par la Banque mondiale, ces titres visent à financer la lutte contre les épidémies dans les pays pauvres. Une façon de faire participer le monde financier en cas d'une catastrophe sanitaire, de nombreux pays en développement ayant manqué de moyens lors de précédentes crises, notamment au moment d'Ebola. Il y a bientôt trois ans, la banque mondiale a ainsi émis pour 320 millions de dollars d'obligations, dont une tranche de classe A (pour 225 millions) assortie d'un coupon de près de 7% par an et une tranche de classe B (pour 95 millions) assortie d'un rendement annuel de 11,5%.

Comme pour les instruments de couverture classique, tant qu'il n'y a pas de pandémie, les investisseurs touchent des intérêts tous les ans, intérêts d'ailleurs financés par quelques grands pays parrains, dont le Japon ou l'Allemagne. Mais en cas de crise de contagion, les investisseurs ne sont plus ou quasiment pas remboursés. Or les "obligations pandémie" de la Banque mondiale arrivent à échéance en juin prochain. Le risque est donc grand que les gérants qui en ont acquis perdent la totalité de leur mise.

Certes, les conditions établies pour que les titres soient déclarés en défaut sont très nombreuses et précises. Pour que la Banque mondiale décide de ne plus rembourser les investisseurs, il faut notamment qu'il y ait au moins au moins 250 morts dans le pays d’origine de l’épidémie ainsi que 20 décès dans un deuxième pays. La vitesse de propagation du virus fait aussi partie des critères retenus.

Si ces obligations ont fait l'objet de critiques en raison de la longue liste de conditions à remplir avant que les investisseurs ne subissent des pertes, elles pourraient bien être cette fois-ci remplies pour que le paiement soit déclenché, lorsque les obligations arriveront à échéance, en juin prochain. Ce qui explique que le prix de ces titres se soit littéralement effondré. Selon les informations de Bloomberg, la plus risquée des deux tranches de ces titres s'échange actuellement autour de 40 centimes de dollars, soit un niveau proche de 0, tandis que la seconde tranche se traite juste en dessous de sa valeur nominale.

S'il n'existe pas de marché pour ce type de titres et que les investisseurs doivent donc se fier aux cotations offertes par une poignée de courtiers, il est certain toutefois que leur prix devrait continuer de dégringoler, les investisseurs préférant s'en débarrasser avant que les titres n'arrivent à échéance et avant que le stade de pandémie ne soit déclaré. Pour l'instant en tout cas, la société de modélisation des risques AIR Worldwine, choisie par la Banque mondiale en juin 2017 pour fournir son expertise et modéliser le risque associé aux obligations pandémiques n'a pas encore déclaré si les obligations devaient être déclenchées.

Selon Bloomberg, Amundi, Invesco et la société de gestion britannique Baillie Griford font notamment partie de ceux qui ont souscrit aux obligations au moment de l'émission de la Banque mondiale.

 

 

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