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Les deux scénarios de l'OCDE pour l'économie mondiale
Le coronavirus va sérieusement affecter l'économie mondiale en 2020 selon l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Cette dernière vient de ramener sa prévision de croissance pour l’économie mondiale de 2,9% à 2,4%. Ce chiffre est tiré d’un premier scénario établi par l’OCDE appelé "épidémie circonscrite". Au sein de ce dernier, l’OCDE fait l’hypothèse d’une réduction de la demande chinoise de 4% au premier trimestre et de 2% au deuxième. De plus, elle suppose une baisse du prix des actions de 10% lors du premier semestre. Enfin, l’incertitude générée par l’apparition du virus devrait conduire à une hausse de 10 points de base du coût du financement de l’investissement dans tous les pays - en raison de la hausse de la prime de risque.
Dans ce scénario, la Chine voit, sans surprise, sa croissance révisée à la baisse de l’ordre de 0,8 point de pourcentage. Lors de ses dernières prévisions datant du mois de novembre dernier et donc avant l’apparition de l’épidémie de pneumonie virale, l’OCDE voyait croître la Chine de 5,7% pour l’année 2020. Un léger ralentissement par rapport à 2019 - la Chine a crû de 6,1% - qui fait bien pâle figure face aux 4,9% que l’OCDE prévoit désormais.
Évidemment, la Chine n’est naturellement pas la seule à être significativement affectée car comme l’explique l’OCDE, "la contraction de la production en Chine a eu des effets dans le monde entier, témoignant de l'importance croissante de la Chine dans les chaînes d'approvisionnement mondiales et sur les marchés des matières premières". Selon les calculs de l'institution, c’est l’Asie-Pacifique qui est en premier lieu touchée par ces mauvaises nouvelles venant de Chine. En effet, le Japon, l’Inde et la Corée du Sud voient leur croissance révisée largement à la baisse (-0,4%, -1,1% et 0,3% respectivement). Du côté de la zone euro, les Dix-neuf voient leur croissance révisée à la baisse de 0,3 point. Principal foyer de l’épidémie au sein de l’Europe - depuis le début de l’épidémie, près de 1 700 personnes ont été testées positive - l’Italie devrait perdre 0,4 point de croissance, soit une croissance nulle en 2020. L’Hexagone, lui, voit sa croissance amputée de 0,3% et devrait donc voir son PIB en volume progresser de moins de 1% en 2020. Quant à l’Allemagne, elle devrait croître de 0,3% en 2020 contre 0,4% initialement prévu.
Attention toutefois, car dans son rapport, l’OCDE met deux scénarios sur la table. Dans son second scénario appelé "une contagion plus large", l'institution internationale fait l'hypothèse d'une baisse de la demande de 2% au sein des économies de l'Asie-Pacifique durant le deuxième et troisième trimestre 2020, d'une chute du prix des actions de 20% au cours des neufs premiers mois de l'année ainsi que d'une hausse du coût de financement de l'investissement de 50 points de base dans tous les pays. Qu’adviendrait-il alors dans ce second scénario examiné par l’OCDE ? Il aurait pour effet de grever la croissance mondiale de 1,5 point, une inflation déjà bien faible perdrait 0,6 point de pourcentage au sein des économies de l'OCDE - contre 0,25 point dans le scénario central - et le commerce mondial décroîtrait de 3,75% - contre 0,9% dans le premier scénario.
Au-delà de ces différents scénarios, l'OCDE appelle les banques centrales - ce qu'elles ont commencé à faire - et États à se mobiliser. En effet Laurence Boone, cheffe économiste de l'OCDE explique qu''une réponse de politiques sanitaire, budgétaire et monétaire du G20 n'enverrait pas seulement un message fort de confiance mais multiplierait aussi les effets des actions nationales".
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