WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche
Abonnez-vous
Abonnez-vous à notre newsletter quotidienne

Politique monétaire / Fed / Sur les marchés / krach boursier / Jerome Powell / coronavirus

Politique monétaire
Fed / Sur les marchés / krach boursier / Jerome Powell / coronavirus

Coronavirus : les banques centrales jouent les pompiers

Alors que les marchés ont connu leur pire semaine depuis 2008, les principaux banquiers centraux ont annoncé qu'ils pourraient intervenir pour stabiliser les bourses mondiales. Les places financières ont accueilli les annonces avec soulagement, limitant les pertes depuis ce matin.  
Banquiers centraux, Kuroda, Powell, Draghi
Banquiers centraux, Kuroda, Powell, Draghi

Les chiffres donnent le tournis : la semaine dernière, les marchés américains ont effacé 3.600 milliards de dollars. Les valeurs tech, les plus importantes des indices, ont donc été les plus impactées : -221 milliards de dollars pour Microsoft, -219 milliards pour Apple, -144 milliards pour Alphabet et -142 milliards pour Amazon. Le S&P a connu sa chute de 10 % - le seuil pour parler de correction - la plus rapide de l’histoire. Et le Dow Jones a connu sa plus mauvaise semaine depuis 2008, pire souvenir des investisseurs dans le dernier siècle. Enfin, l’indice VIX de la peur a franchi la barre des 40 points pour la première fois depuis la crise de la zone euro en 2011.

Face à l’emballement de la situation, Jerome Powell est sorti de sa réserve vendredi après-midi et a eu cette phrase dans le but d’apaiser les marchés : "nous utiliserons nos outils et agirons de façon appropriée pour soutenir l’économie". Ce qui a contribué à réduire le krach de vendredi, et le Dow Jones a clôturé en baisse de 1,3 % contre 3,7 % à peine 30 minutes plus tôt. Les investisseurs ont de quoi le croire : la dernière fois qu’il a utilisé ces mots en juin dernier concernant les tensions commerciales entre Etats-Unis et Chine, la Réserve Fédérale a ensuite décidé d’abaisser ses taux directeurs par trois fois. Désormais, les acteurs de marché anticipent une baisse des taux directeurs dès la réunion de mars – les 16-17 mars – et même peut-être avant.

Les banquiers centraux se sont visiblement concertés ce week-end pour mener une action coordonnée, après la tempête financière de la semaine passée. Dans un communiqué, le gouverneur de la Banque du Japon, Haruhiko Kuroda a ainsi déclaré que son institution prendrait les dispositions nécessaires pour stabiliser les marchés. "La Banque du Japon surveillera étroitement les développements, et aspire à stabiliser les marchés et mettre suffisamment de liquidités à disposition via des opérations de marché et des rachats d'actifs", a ainsi déclaré le gouverneur. Le gouverneur de la Banque d'Angleterre Mark Carney de son côté a annoncé travailler "en étroite collaboration avec ses partenaires internationaux", pour s'assurer que "toutes les mesures nécessaires seraient prises pour protéger la stabilité financière et monétaire". Enfin, le gouverneur de la Banque de France Villeroy de Galhau s'est également exprimé sur le sujet ce matin à la radio, même s'il est resté prudent sur une potentielle intervention de la BCE. "S'il fallait faire davantage et que nous avions la conviction que c'est nécessaire, nous pourrions le faire, mais nous n'en sommes pas encore là", a ainsi déclaré le gouverneur français, qui a tout de même appelé à "garder la tête froide". 

Les propos des différents gouverneurs ont en tout cas été salués par les marchés ce matin, les principaux indices européens évoluant dans le vert ou du moins limitant les pertes par rapport à la semaine dernière. La correction des marchés a été d’autant plus violente que ces derniers évoluaient à des niveaux historiques, les sociétés étant valorisées à des multiples très élevés – supérieurs à 2007. Et dans un contexte où le ralentissement économique était déjà acté, le réveil risque d’être difficile en 2020 : Goldman Sachs n'anticipe plus aucune hausse des profits des entreprises du S&P 500 cette année.

D'autant que le véritable pouvoir des banques centrales face au coronavirus, une épidémie qui pourrait disrupter les capacités de production de tous les pays du monde, reste limité: leur politique est déjà très accommodante, avec des taux planchers et des programmes d'achats de titres importants. Côté US, l'arme de Jerome Powell pourrait être celle de restaurer la confiance des consommateurs, en les incitant à ne pas reporter leurs dépenses. Ce qui est déjà le cas : IHS Markit a réduit ses prévisions de hausse de la consommation au premier trimestre, de 2,5 % à 2 % en rythme annuel. Et le PIB est revu à la baisse de 0,2 point à 1,8 %. Mais du côté de la BCE, Christine Lagarde disposera de peu de levier pour éviter un ralentissement trop important de l'économie de la zone euro, alors que le secteur financier ne cesse de plaider pour une sortie des taux négatifs, qui pénalisent la rentabilité des banques. La prudence de François Villeroy de Galhau ce matin est d'ailleurs la preuve que Francfort n'est pas encore disposé à dégainer. Selon les équipes d'UBS, le conseil des gouverneurs devrait maintenir le statut quo lors de la prochaine réunion de politique monétaire, le 12 mars prochain. En revanche, les stratégistes, estiment que la BCE abaissera de nouveau son taux de dépôt de 0,10%, à -0,6% lors de la réunion suivante, le 30 avril. Tout dépendra bien sûr de l'ampleur de l'épidémie sur le Vieux Continent. Mais les prévisions de croissance révisées de l'OCDE ce matin n'ont rien pour rassurer.

 

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article