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IPO / krach boursier / Donald Trump / Fed

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La Fed n’a que faire des marchés… et de Trump

Malgré une inflation stable, la Fed devrait poursuivre son resserrement monétaire, au grand dam des investisseurs. Car si Donald Trump s'offusque de cette politique, elle répond à une réalité économique mise en place par son administration.
Jerome Powell
Jerome Powell

Le chiffre aurait pu rassurer les investisseurs, mais il n’en a rien été. L’indice des prix à la consommation, publié jeudi matin, a grimpé de 0,1% en septembre et de 2,2% sur un an, soit au même rythme qu’en août alors que le consensus attendait une accélération. Pourtant, le marché a continué sa baisse et clôturé en baisse de près de 2% jeudi, soit plus de 1.300 points partis en fumée en deux jours. Ce qui a précipité la chute des marchés a été la hausse subite des Treasuries américains, dans un contexte de hausse des taux par la Fed. Ce qui a poussé Donald Trump à s’exclamer que la Fed était "devenue folle" de remonter ses taux de manière aussi rapide, mettant en péril les réformes entreprises par son administration.

Pourtant, la Réserve Fédérale agit de la sorte précisément parce que le gouvernement a passé des réformes fiscales et un budget très généreux en dépenses afin de booster l’économie. Car par rapport à ses prévisions lors de l’arrivée de Donald Trump à la Maison-Blanche, l’institution emmenée par Jerome Powell a dû s’ajuster à une nouvelle réalité, avec une croissance à 3,2% cette année, contre 2% anticipé en 2016, et un chômage à 3,7% soit 0,7 point de moins que prévu à l’époque. Pourtant, la banque centrale américaine a changé ses prévisions de taux à la marge, soit une hausse de plus que ce qui était attendu il y a deux ans, soit 3,1% pour 2019 et 3,4% pour 2020. En outre, ces ajustements ont été faits en décembre dernier, si bien qu’il n’y a aucune raison pour que les marchés s’angoissent maintenant pour quelque chose qu’ils savent depuis dix mois.

Au total, la Fed a ajouté deux hausses de taux sur trois ans pour répondre à un environnement de croissance plus forte, de chômage à un plus bas historique, mais aussi de creusement du déficit et de tarifs douaniers générateurs d’inflation. En ayant cette réaction exaspérée, Donald Trump a implicitement reconnu qu’il ne pouvait pas, malgré son envie, dicter sa conduite à la Réserve Fédérale pour faire grimper les marchés. Et confirmé ainsi sa totale indépendance de l’exécutif. Contrairement à ce qu’a indiqué le Président, sa politique pro-cyclique est à l’origine des anticipations sur les taux, et donc du décrochage des marchés, et non la Fed qui se pose seulement en garde-fou du système.

Partant de ce postulat, pourrait-elle adapter sa politique en raison de la stabilité de l’inflation ou des tourments actuels de la Bourse ? Les investisseurs ne semblent y croire, et ils ont probablement raison. Car alors que la banque centrale avait encore à cœur de temporiser le "tapering" en 2016 en raison des inquiétudes mondiales sur la croissance et la Chine, elle semble bien plus sereine aujourd’hui, malgré le contexte de guerre commerciale. Elle se base sur une croissance plus dynamique et soutenue par les réformes fiscales, mais aussi l’augmentation des dépenses fédérales. En outre, elle se réfère aussi à un marché de quasi plein-emploi, le taux de chômage ayant atteint un plus bas depuis la fin des années 60. Si les salaires continuent à grimper, elle pourrait même accélérer la hausse des taux, quitte à provoquer encore davantage l’ire du Président.

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