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Macro-économie / Taux / krach boursier

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krach boursier

Chute des marchés : simple correction ou début d'un krach ?

Les places asiatiques se sont effondrées dans la foulée de Wall Street qui a clôturé la séance en baisse de 3,15%. Un vent de panique sur les marchés, déclenché par la crainte des investisseurs d'un resserrement monétaire trop rapide aux USA, et qui pourrait être le début d'un mouvement baissier durable.
Bourse Shanghai
Bourse Shanghai

Les grandes places asiatiques ont plongé ce jeudi, dans le sillage de Wall Street, qui a clôturé quelques heures plus tôt en baisse de 3,15%, à 25.598,74 points, soit la plus forte baisse journalière depuis plus de six mois. Les bourses asiatiques ont fléchi encore davantage, l'indice Nikkei ayant de son côté terminé la journée en recul de 3,89% - à 22.590,86 points - et le Topix, à -3,52%. En Chine l'indice composite de Shanghai perdait 4%, accentuant la chute entamée depuis le début de l'année : la place a perdu plus de 21% de sa valeur depuis le début de 2018.

Si l'effondrement des valeurs tech a notamment déclenché le recul à Wall Street hier puis par contagion les grandes places asiatiques, quelles raisons de fond ont déclenché cet apparent vent de panique ? La crainte d'un ralentissement généralisé de l'économie mondiale tout d'abord dans un contexte d'enlisement du conflit commercial entre la Chine et les États-Unis. "Malgré la solidité de l'économie américaine et les précédents records de marchés américains, l'optimisme des investisseurs a laissé place à l'inquiétude, notamment concernant les risques qui pèsent sur la croissance mondiale", expliquent les équipes d'Invest Securities. Le FMI a d'ailleurs revu ses prévisions de croissance à la baisse de 0,2 point de pourcentage ce mardi, en raison des tensions entre les deux géants mondiaux.

Ensuite, la hausse des rendements américains, (le dix ans a franchi le seuil des 3,2% fin septembre, un plus haut de sept ans) a alimenté les craintes que les marges bénéficiaires des sociétés américaines ne soient comprimées par des coûts de main-d'œuvre et des frais financiers plus élevés. Les investisseurs redoutent également une erreur de politique monétaire de la Fed, qui accélérerait le resserrement des taux directeurs au moment justement où la croissance du pays commence à ralentir. Un argument que le Président américain a repris à son compte hier soir après la journée de dégringolade : "Je crois que la Fed est devenue folle", a-t-il déclaré, dénonçant la politique de resserrement entamée par la Réserve américaine. 

Les déclarations sur le yuan du secrétaire d'Etat au Trésor américain Steven Mnuchin ont potentiellement contribué à alimenter la plus forte baisse des indices chinois aujourd'hui : celui-ci a ainsi expliqué suivre de très près l'évolution de la devise chinoise et averti le pays de ne pas s'engager dans une dévaluation compétitive de sa monnaie, qui est à son plus bas niveau depuis 19 mois. "Ses commentaires renforcent la possibilité d'une guerre commerciale s'étalant dans la durée et plus profonde que prévu", expliquent encore les analystes d'Invest Securities. 

Tous ces facteurs étaient pourtant présents depuis plusieurs semaines et n'avaient jusqu'à hier pas suscité de sourcillement des marchés. "Parfois les éléments de variation des marchés peuvent être présents longtemps sans être pris en compte", commente ainsi un gérant parisien. "Et les acteurs de marché s'en emparent soudainement, déclenchant comme hier un mouvement de correction violent". 

Autres facteurs d'explications, techniques cette fois, pour justifier du mouvement de correction entamé aujourd'hui sur les principales bourses mondiales : un mois d'octobre traditionnellement plus volatil sur les marchés ou encore des défaillances techniques parmi un certain nombre d'indices phares. Ainsi le S&P 500 a-t-il connu 74 séances consécutives sans mouvement de plus de 1%, soit la plus longue période sans évolution significative depuis début janvier. Le S&P est également descendu en dessous de sa moyenne à 50 jours située à 2.879,39 points et devrait probablement bientôt casser sa moyenne à 200 jours, à 2.765,51 points. Or les analystes techniques surveillent les moyennes mobiles pour aider à déterminer les tendances haussières et baissières d'un actif, avec une cassure en dessous d'une ligne de tendance indiquant généralement que l'optimisme a pris fin, au moins temporairement. 

Faut-il pour autant paniquer dès à présent ? "Ce qui me frappe, c'est la brutalité du mouvement", explique encore un gestionnaire d'actifs. Certes, il ne pourrait s'agir que de la correction attendue depuis longtemps, après neuf années de hausse boursière aux États-Unis. Mais le mouvement de sell-off d'aujourd'hui devrait en tout cas inciter les investisseurs à plus de prudence. 

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