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IPO : la récente correction va-t-elle faire d’autres victimes ?
Les investisseurs ont enfin décidé de voir le verre à moitié plein de la croissance ce vendredi, si bien que le Dow Jones grimpe de près de 300 points après deux séances douloureuses. Mais pour certains candidats à l’IPO, le mal est déjà fait : hier, trois candidats ont annoncé leur décision de reporter leur entrée en Bourse en raison des conditions de marché.
Le géant chinois de la musique en ligne Tencent, qui comptait lever au moins 2 milliards de dollars la semaine prochaine - soit la deuxième plus grosse IPO chinoise de l’année à Wall Street -, a reporté l’opération au mois de novembre. En Europe, le Hollandais Leaseplan spécialisé dans la location de véhicules, qui aurait pu lever 1 milliard d’euros pour 7,4 milliards de capitalisation, s’est aussi retiré, tout comme le Portugais Sonae. Ce distributeur alimentaire comptait réaliser la première grosse IPO portugaise en cinq ans, pour une valorisation allant jusqu’à 1,65 milliard d’euros, mais va devoir patienter.
Pour tous les candidats dans les starting-blocks, une seule question les taraude : le rebond du jour va-t-il se confirmer ? En particulier l’agence digitale française Valtech, qui ambitionne de lever jusqu’à 100 millions de dollars sur le Nasdaq la semaine prochaine. Le groupe est un des rares groupes français à venir frapper à la porte de Wall Street : l’an passé, seule la biotech Erytech Pharma, qui développe une thérapie contre le cancer, a levé 109 millions de dollars sur le marché US. Côté éditeur de logiciels, il faut remonter à 2016 pour la dernière IPO sur l’indice américain, lorsque Talend a réussi à collecter 94 millions de dollars. Elle a depuis connu un parcours exceptionnel puisque son titre a été multiplié par plus de trois, à 1,8 milliard de dollars de capitalisation boursière.
Pour Valtech, tout dépendra de la capacité du marché à digérer le regain de stress et de volatilité des derniers jours. Les marchés ont été échaudés par la soudaine flambée des taux US mais si tel est le cas, cela veut aussi dire que la croissance accélère, accompagnée par l’inflation. La Fed et les marchés s’adaptent à un environnement post-accommodant mais la banque centrale américaine n’a pas encore de raisons d’être préoccupée par l’emballement des prix - qui sont restés stables en septembre - ou une bulle spéculative privée, comme ce fut le cas en 2007. Si bien que pour nombre d’économistes, l’expansion économique a toutes les chances de perdurer. Reste à savoir si les investisseurs retiendront ces arguments, mais le marché a souvent ses raisons que la raison ne connaît point.
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