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Aix-en-Provence : des Rencontres économiques en demi-teinte
Souvent comparées au sommet de Davos, les Rencontres économiques d’Aix-en-Provence se sont achevées hier soir et ont une nouvelle fois fait le plein d’invités prestigieux. Au programme, non seulement des dirigeants ou des financiers de haute volée, mais également des chercheurs universitaires dont l’importance est trop souvent minimisée. Un panel de 300 brillants esprits qu'il convient de saluer.
Au sein de cette dix-neuvième édition, qui avait pour thème "Renouer avec la confiance", le Cercle des économistes, organisateur des Rencontres d’Aix-en-Provence, a plaidé pour un regain de vitalité des partenaires sociaux afin qu’un dialogue ait lieu avec le gouvernement sur les grandes questions de société. Un autre axe essentiel qui a été abordé est celui de la coopération européenne permettant d'apaiser et de renouer le dialogue mondial. Ce sommet aurait pu s’imposer comme l’immanquable rendez-vous du week-end, mais le débat d'idées a trop vite tourné aux bons sentiments, gâchant la possibilité d'un discours pragmatique et constructif. Ainsi, de nombreux débats ont été stériles.
Ce sont les sessions de niche, trop peu médiatisées, qui se sont illustrées par leur pertinence et leur intérêt. En témoigne la table ronde intitulée "À quand la prochaine crise financière ?" qui a attiré les regards des spécialistes les plus pointus. Lors de cette discussion, les bases ont été posées en annonçant froidement qu’une crise financière nous tendait les bras. Mais il reste encore des incertitudes sur le calendrier, et sur son ampleur. Car les banques centrales sont devenues tellement interventionnistes qu'elles ont totalement fait disparaître les primes de risque. Ce qui nous empêche de comprendre où il se trouve. Un exemple de ce phénomène, c'est la Grèce qui se finance moins cher à cinq ans que les États-Unis, respectivement 1,156 % contre 1,824 % cet après-midi. Une situation aberrante lorsqu’on sait que le bloc américain est probablement le pays le plus solvable du monde. En faisait disparaître toutes les mesures du risque, les institutions monétaires ont rendu invisibles les sources de dangers potentiels.
Selon les économistes présents à la table ronde d’Aix-en-Provence et dans ce contexte inédit, la prochaine crise devrait provenir du surendettement. De fait, un éclatement de la bulle de crédit est plausible tant les taux d’intérêt bas ont encouragé un recours massif et déraisonnable à la dette. L'allumette qui enflammera l'ensemble du système ne proviendra pas d’une remontée des taux directeurs comme ce fut le cas dans l’histoire, mais probablement d'un affaiblissement de la rentabilité des entreprises si l’activité économique continue de ralentir. Lorsque les effets dits "euphorisants" des taux d'intérêt bas disparaîtront, le retour à la réalité pourrait créer un choc négatif sur le climat des affaires et une perte de confiance en l'avenir. Entraînant mécaniquement, une crise financière.
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