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Michala Marcussen, économiste et européenne convaincue à la Société Générale

Celle qui a été nommée en septembre 2017 chef économiste du groupe est originaire du Danemark. Passée par Londres et Bruxelles, cette fille de diplomate officie à Paris, où elle se concentre sur l’impact du développement économique pour la banque.
Michala Marcussen
Michala Marcussen

Celle qui, plus jeune, a envisagé de devenir policière à cheval puis vétérinaire est finalement une économiste pure et dure. Nommée en septembre 2017 chef économiste de la Société Générale, Michala Marcussen a souvent travaillé sur les mêmes questions mais avec des prismes différents, en fonction de ses postes. "En qualité de chief economiste de la banque de financement et d’investissement, mon premier centre d’intérêt était les marchés financiers. Aujourd'hui, dans mes nouvelles responsabilités de chef économiste groupe, l’approche est beaucoup plus large. Je prépare entre autres avec mes équipes des études sur des questions comme le climat, l’Afrique, l’environnement de taux bas, la construction Européenne... dont le but est de donner des éléments d’analyse aussi bien à nos clients qu’au management de la banque ", résume-t-elle.

Michala Marcussen est la première femme - mais surtout la première étrangère - à incarner le poste de chef économiste de la banque rouge et noire. Cette fille d’ambassadeur, originaire du Danemark, a vu du paysage dès son enfance puisqu’elle a grandi à Tokyo, Londres et Hong Kong. C’est à la suite de la rédaction d’un rapport sur le marché unique à l’école - institution très importante pour son père qui l’avait quittée à 16 ans - qu’elle commence à s’intéresser à l’Europe. Puis, comme cela se pratique beaucoup au Danemark, Michala Marcussen se prend un petit travail durant ses études - en l’occurrence de macroéconomie - , une première année en magasin, avant d’intégrer la Danske Bank, pour y faire de la programmation pour les traders.

Puis un homme entre dans l’histoire, à savoir un Français, avec lequel elle est aujourd’hui mariée. Afin de rester ensemble, elle déniche un stage à la Commission européenne au sein de la spécialité économie et finances, avant de rentrer à Copenhague, durant le MBA de sa moitié à l’Insead. Toujours chez Danske Bank, qui lui avait donné un congé sabbatique pour son expérience bruxelloise, elle rejoint son époux à Londres. Rapidement, elle tombe sur une annonce du Financial Times, qui indiquait que Société Générale était alors à la recherche d’économistes pour sa salle des marchés parisienne.

Michala Marcussen suivra les pays nordiques mais aussi l’intégration de l’euro. Cette europhile convaincue porte cependant un regard critique sur le traité de Maastricht : "Je suis tellement européenne que j’estimais qu’il ne pouvait pas y avoir de monnaie commune sans Union bancaire et une véritable convergence fiscale. Je n’ai pas changé d’avis. Il faut achever l’Union bancaire et surtout, compte tenu du Brexit, se doter d’une Union des marchés de capitaux dont nous avons besoin pour financer notre croissance", explique-t-elle. Michala Marcussen est, dans la même veine, certaine que de grandes banques européennes transfrontalières - nées de fusions et d’acquisitions - seraient utiles au Vieux Continent. "Avoir des grandes banques universelles n’est pas plus dangereux que d’avoir une multitude de banques de taille moyenne. En matière de division des risques, une grande banque européenne serait proportionnellement moins exposée à l’économie européenne que ne le sont, par exemple des banques italiennes à l’échelle de de leur pays ".

Michala Marcussen a également travaillé pour la partie gestion d’actifs de la Société Générale, où oeuvrait Olivier Garnier, l’homme actuellement à la Banque de France et qu’elle a d’ailleurs remplacé dans sa fonction de chef économiste. La dirigeante a aussi été à la tête de l’économie pour la salle des marchés de 2009 à 2017, où elle œuvrait de Londres, même si les allers-retours en Eurostar étaient importants. Le Brexit fait d’ailleurs partie de ses points d’attention, tout comme la politique monétaire, le commerce extérieur ou les élections américaines de novembre. Michala Marcussen réfléchit également à ce que pourrait être la prochaine crise et à la manière dont les pays pourront la gérer étant donné que les marges de manœuvre monétaires et budgétaires sont actuellement limitées.

En ce qui concerne la France, l'économiste scrute les réformes menées par Emmanuel Macron. Michala Marcussen, qui vient d’un pays qui use du système flexisécurité, se dit que la politique du Président de la République tend vers ce dispositif. "Trop de protection, ce n’est pas forcément bon pour les outsiders. Par exemple, en matière d’accès au logement, les critères pour louer un appartement, parfois censés protéger les locataires, peuvent se transformer en obstacles pour les populations les plus faibles. Emmanuel Macron, en redonnant de la flexibilité, espère effacer cette ligne outsiders-insiders ", commente-t-elle. La réforme de la formation professionnelle est aussi pour elle une étape clef, d’autant plus à l’heure des nouvelles technologies. "Il n’y a rien de plus important que le capital humain. Il faut qu’on ait la capacité de pouvoir former les gens pour, au besoin, les réorienter. Cela fait partie de la vie et cela peut être très stimulant. Les nouvelles formes de travail vont se développer, les jeunes générations ont intégré ce phénomène et sont même en demande. "

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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