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Banques / Autorité bancaire européenne / Cour des Comptes européenne / stress tests / Banques

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Autorité bancaire européenne / Cour des Comptes européenne / stress tests / Banques

L'hypocrisie des stress tests

Aussi étonnant que cela puisse paraître, la bonne réussite des stress tests n'est pas gage d'un bilan sain. La Cour des comptes européenne dénonce des conflits d'intérêts auxquels il serait bon de s'attaquer.BDD
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Vains. S’il y a un mot qui caractérise les résultats des stress tests supervisés par l’Autorité bancaire européenne selon la Cour des comptes européenne, c’est bien celui-là. En cent dix-sept points, l’observateur relève de multiples aberrations dans la méthodologie utilisée par l'instance pour chapeauter le process, dont, rappelons-le, l'objectif est de s'assurer que les établissements financiers et bancaires ont bien dans leurs caisses les fonds propres nécessaires pour assurer leurs actifs risqués. C’est-à-dire s'assurer qu'ils respectent les ratios dits Common Equity Tier1 (CET1), absolument nécessaire en cas de crise systémique, comme l'a prouvé l'Histoire.

Il est usuellement du ressort des autorités nationales et de la BCE de vérifier la qualité des résultats des stress tests menés par les banques elles-mêmes. De fait, l'ABE déclare ne pas disposer des ressources nécessaires pour effectuer des audits approfondis. Mais c'est bien là qu'il y a conflit d'intérêts. Les corps de surveillance considèrent et défendent les positions nationales. Et pire encore, ce sont les pays eux-mêmes qui se chargent de fixer les paramètres pour tester les scénarios les plus défavorables. Dans le cas de l’Espagne, de l’Italie mais aussi de la France, le choc théorique et testé sur les établissements était bien inférieur à la collision financière de 2008. Dès lors, et c'est ce que la Cour des comptes européenne dénonce, les tests ne sont plus légitimes puisqu'ils sont faits par les instances nationales, qui ont tout intérêt à ce que les tests réussissent.

Et ce n'est pas tout. En 2011, si 90 banques de plus de 20 pays ont été soumises à l'exercice il y a vingt ans, elles n'étaient plus que 48 l'an dernier de 15 nationalités différentes. Alors oui, une partie ne répondait tout simplement plus à la condition suffisante et nécessaire pour devoir passer le test, celle de disposer d'au moins 30 milliards d'euros d'actifs, un critère arbitraire. Mais plus étonnant en revanche, l'ABE a exclu du process de tests sept banques, qui avaient pourtant plus de 30 milliards d'euros d'actifs. Ce que dit l'ABE, c'est qu'elles subissaient des opérations de restructurations ou préparaient une fusion avec une autre banque, ou encore que leur actif consolidé était repassé sous le seuil au moment de la constitution de l'échantillon. Et pourtant, ces banques, particulièrement celles en cours de restructuration, font bien partie des plus vulnérables.

Il faut admettre que la bonne réussite de ces stress tests n'est tout en cas pas gage de bonne santé. En témoigne la situation actuelle de Deutsche Bank qui a passé haut la main l'examen et qui vient pourtant de renvoyer 18.000 de ses collaborateurs, la conséquence directe d'une sombre découverte. Celle de 50 milliards d'euros d'actifs pourris dans ses comptes.

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