Régulation / Concurrence / Cour des Comptes européenne / BCE / Risque de crédit
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Cour des Comptes européenne / BCE / Risque de crédit
La Cour des comptes européenne presse la BCE de s’améliorer / La surveillance du risque de crédit des banques doit être renforcée
" La BCE doit tout mettre en œuvre pour éviter que les banques ne fassent faillite parce qu’elles ont mal géré leur risque de crédit". Cette phrase de Mihails Kozlovs, membre de la Cour des comptes européenne, laisse penser que ce n’est pas le cas actuellement. Effectivement, le rapport de l’institution intitulé "surveillance du risque de crédit des banques : la BCE doit mieux faire", argue que "bien qu’elle ait intensifié ses efforts pour mieux surveiller le risque de crédit des banques et leurs créances douteuses, la BCE n’a pas imposé d’exigences de fonds propres proportionnellement plus sévères aux banques plus exposées".
Un rapport qui estime également que la BCE "n’a pas non plus suffisamment durci les mesures prudentielles lorsque les banques laissaient persister des faiblesses dans leur gestion du risque de crédit". Des actions de Christine Lagarde et ses équipes qui inquiètent au plus haut point la Cour des comptes européenne, qui "insiste sur cet impératif, car une mauvaise gestion, par les banques, de leur risque de crédit peut mettre en péril leur propre survie, mais aussi la stabilité de l’ensemble du système financier".
Règles à appliquer
Les auditeurs de l’institution estiment certes "que les évaluations du risque de crédit et des contrôles des banques réalisées par la BCE étaient généralement de bonne qualité, en dépit de quelques lacunes", cependant il est également regretté qu’elle "n’utilise ses outils et ses prérogatives en matière de surveillance ni pour s’assurer que les risques recensés sont intégralement couverts par des fonds propres supplémentaires, ni pour ordonner aux banques de mieux gérer leurs risques ".
Le rapport argue même que "le changement intervenu en 2021 dans l’approche de la BCE pour calculer le montant de fonds propres qu’une banque doit détenir en sus du minimum réglementaire ne garantit pas une couverture appropriée des différents risques". De plus, l’application de cette approche n’a pas été faite de manière systématique et que "dans le cas des banques les plus fragiles, elle a chaque fois opté pour des exigences situées dans le bas des fourchettes prédéfinies ".
Manque de bras
Un résultat logique aux yeux des auditeurs qui parlent d’un "manque de personnel affecté, tant par la BCE que par les autorités nationales, à la surveillance bancaire". Ce qui pourrait expliquer une de ses autres critiques de la BCE, cette dernière n’aurait en effet "toutefois pas usé systématiquement de ses pouvoirs de surveillance lorsqu’une banque ne disposait pas de processus et de données solides pour repérer et quantifier les prêts non performants ".
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