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Risque de crédit / France / Scope Ratings
La dissolution de l’Assemblée nationale ouvre le champ des possibles / Comment le risque de crédit y est exposé
Ni plus ni moins qu’une crise de la dette. C’est ce qu’a brandi Bruno Le Maire, actuel ministre de l’Économie, pour dissuader les Français d’accorder une majorité au Rassemblement national à l’occasion des législatives. Alors que de nombreuses incertitudes sur les alliances électorales et de facto sur les résultats des élections à venir demeurent, les agences de notations commencent à élaborer les implications sur le déficit hexagonal des scénarios les plus probables.
L’agence européenne Scope Rating soulignait en début de semaine à quel point la composition de la future Assemblée nationale sera d’une part "déterminante pour la capacité du président Macron à piloter le programme budgétaire de la France" et également dans "la dynamique des réformes dans la perspective de la prochaine élection présidentielle en 2027". Thomas Gillet, analyste souverain chez Scope Ratings Group, estimant que "le contexte politique actuel de la France et les incertitudes entourant la mise en œuvre des mesures de consolidation budgétaire soutiennent la perspective négative de l’agence".
Dynamique
La principale inconnue de ces élections demeurant la capacité de la France à mener les réformes amorcées, la probabilité d’une situation inchangée n’est pas nulle. Elle verrait alors "en cas de statu quo, le capital politique utilisé par le président Macron pour convoquer des élections anticipées serait dans une certaine mesure compensé par un regain de légitimité autour de son programme de réforme", nous confie l'analyste. Ne pas parvenir à une majorité absolue demeurerait contraignant.
Moins cependant que l’hypothèse d’une cohabitation, laquelle "limiterait la capacité de la France à poursuivre les réformes engagées et à améliorer sa trajectoire budgétaire". L’agence installée à Berlin rappelant qu’une "trajectoire d’assainissement implique des économies supplémentaires d’environ 50 milliards d’euros, soit 2 % du PIB dans les années à venir selon la Cour des comptes française, ce qui serait difficile à réaliser dans le cadre d’un parlement plus fragmenté et polarisé ".
Pari gagnant
Un regain de la dynamique de réforme est envisagé en cas d’une victoire du camp présidentielle ces prochaines semaines. Thomas Gillet confiant à WanSquare à quel point "il sera important pour le prochain gouvernement de clarifier ses priorités, en particulier sur le plan budgétaire". Les fondamentaux de la notation française pourraient bénéficier de réformes menées à bien ou d’un marché du travail rendu plus flexible, étant donné que plus le président de la République aura de marge de manœuvre et plus il parviendra à réduire le déficit plus rapidement qu’envisagé.
La polarisation du paysage politique demeure un phénomène remarqué chez l’agence de notation, on se garde cependant de toute comparaison hâtive. L’analyste souverain estimant que "la fragmentation et la polarisation du paysage politique n’est pas un phénomène nouveau, mais il faut être prudent avant d’établir des parallèles avec la situation d’autres pays en Europe".
Craintes partagées
Chez le géant de la notation Moody’s on demeure circonspect également et on rappelle que "la charge élevée de la dette de la France accroît son exposition à des coûts de financement plus élevés, ce qui pourrait entraîner une augmentation plus rapide que prévu des paiements d’intérêts". On argue aussi qu’un "affaiblissement de l’engagement en faveur de l’assainissement budgétaire augmenterait également les pressions à la baisse sur le crédit".
Une situation d’autant plus inquiétante qu’on table déjà, chez l’agence de notation, sur " une détérioration des indicateurs de coût de la dette (pour la France ndlr), qui sont actuellement parmi les plus élevés des grandes économies". Il ne fait aucun doute pour les équipes de Moody’s que la possible instabilité politique constitue un risque de crédit et ce en raison de "la situation budgétaire difficile dont héritera le prochain gouvernement". La "pression probable de la Commission européenne pour que la France élabore une politique budgétaire conforme aux nouvelles règles budgétaires de l’UE" est notamment mise en avant..
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