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Scope; BCE, Grèce

Macro-économie / Taux / Scope Ratings / notation souveraine / France

Macro-économie / Taux
Scope Ratings / notation souveraine / France

Cette note de la France qui vient du Vieux continent / La principale agence de notation européenne a livré son verdict

Alors que les grandes agences de notation américaines se sont déjà prononcées pour une partie d’entre elles, en décidant de ne pas modifier la note de la France, voici que Scope Ratings a choisi de ne pas effectuer d’action de notation à l’issue de sa revue de surveillance de l’Hexagone. Alors que les questions de souveraineté reviennent sur le devant de la scène, l’agence voit de plus en plus d’acteurs européens solliciter son expertise.  
Le ministère de l'Économie et des Finances est sensible à toute annonce sur la notation souveraine tricolore. Magali Cohen / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP
Le ministère de l'Économie et des Finances est sensible à toute annonce sur la notation souveraine tricolore. Magali Cohen / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

Décliner la souveraineté européenne sous toutes ses formes est devenu une priorité sur le Vieux continent. De quoi renforcer les équipes de Scope Ratings dans leur détermination à se tailler une part plus grande dans le gâteau de la notation, ce dernier étant encore largement dominé par les grandes agences américaines telles que Moody’s ou bien Fitch Ratings. L’agence basée à Berlin vient de surcroît d’obtenir le statut ECAF (Eurosystem Credit Assessment Framework) à l’automne dernier. Décerné par la Banque centrale européenne, il rend éligible les notations réalisées par Scope Ratings à l’ensemble des programmes d’achats de titres effectuées par l’institution.

Un mémo interne avait alors souligné que cette annonce était "une bonne nouvelle non seulement pour Scope, mais aussi pour […] la souveraineté financière de l’Europe". Thomas Gillet, analyste souverain chez Scope Ratings / Group, détaille cette semaine à WanSquare que "l’approche en termes de notation souveraine qui est la nôtre, accorde aux facteurs ESG (environnementaux, sociaux et de gouvernance) un poids de 25 %". Une méthodologie dont l’agence de notation estime qu’elle lui permet " une différence de point de vue dans sa notation", cette dernière s’appuyant sur les deux piliers que sont les éléments quantitatifs et ceux qualitatifs comprenant notamment "les résultats des discussions avec les parties prenantes et qui contribuent à la qualité de notre évaluation". La révision de la note de la France par quatre des cinq principales agences de notation dans un laps de temps aussi court – chaque agence suit un calendrier strict pour la notation des dettes souveraines – est une bonne occasion d’identifier les différences d’approche.

 

Dégainer

 

L’agence installée à Berlin a détaillé ce week-end les évolutions pouvant l’amener à réviser la notation à long terme de la France, pour rappel AA avec perspective négative, que ce soit à la hausse où la baisse. Dans ce dernier cas de figure, il pourrait s’agir de perspectives budgétaires se dégradant "par exemple en raison d’une consolidation budgétaire insuffisante et/ou d’une augmentation structurelle de la trajectoire de la dette publique par rapport au PIB " ou bien voir surgir de mauvaises nouvelles en termes de perspectives de croissance qui pourraient venir "d’un ralentissement de la dynamique des réformes et/ou d’un choc externe". Il n’est pour autant pas exclu de voir les perspectives passer de négatives à stables, il faudrait pour cela qu’au moins un des évènements suivants survienne : une amélioration significative des perspectives budgétaires, potentiellement grâce à un assainissement budgétaire mené à un rythme soutenu, ou des perspectives de croissance revues à la hausse de manière sensible.

Loin d’être considérée comme un faiseur de roi en ce qui concerne le volet des notations souveraines, l’agence ne se contente pas pour autant d’emboîter le pas à ses homologues américaines, "Scope ayant [ainsi] été le premier acteur à relever la notation de la Grèce en 2023".

Une expertise sur les notations souveraines considérée aujourd’hui par Marc Lefèvre, Managing Director et Regional Head Western Europe, comme "l’une des plus abouties des grandes agences, en particulier sur l’intégration des données ESG". Les autres choix effectués par Scope pouvant cependant être affectés par cette expertise, notamment en ce qui concerne "les entités liées au gouvernement qui sont irriguées par ces données".

 

Davantage


La notation de la dette émise par les institutions supranationales européennes – notamment l’UE – est devenue plus importante à mesure que les décideurs politiques se concentrent sur la relance de l’investissement en Europe, comme cela a été souligné, par exemple, lors des sixièmes rencontres de Rexecode, sur la thématique "Climat, croissance, néo-industrialisation". Les équipes de Scope Ratings nous ont assuré qu’elles "disposent des méthodologies pour noter ces instruments de dettes : on sera en mesure de les évaluer s’il était décidé à nouveau d’y avoir recours". L’agence paneuropéenne est déjà de fait "sollicitée par la Commission européenne pour sa notation dans le cadre de Next Génération EU entre autres ".

Une confiance accordée que Marc Lefèvre juge de plus en plus grande qu’elle provienne des entreprises, des banques ou encore des institutions publiques. Il y a quelques jours ce sont trois nouveaux Länders allemands qui ont ainsi mandaté Scope pour être notés par l’agence européenne. Il nous a ainsi précisé que ce sont " désormais plus de la moitié des volumes d’obligations en circulation des Länder qui sont évaluées par nos soins".

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