Banques / Banques européennes / financement de détail / dépôts des ménages / Scope Ratings
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Banques européennes / financement de détail / dépôts des ménages / Scope Ratings
Les banques européennes confrontées à la baisse du financement de détail / Les dépôts des ménages sont à un point d'inflexion
La hausse des taux d’intérêt et la diminution des liquidités, les deux effets les plus visibles du resserrement de la politique monétaire de la Banque centrale européenne, ne sont pas sans affecter la composition des bilans des banques européennes, y compris en matière de financement de détail.
A la recherche de produits mieux rémunérés et disposant d’un plus grand nombre d’options, les clients particuliers sont devenus une clientèle plus agile, voire volatile. Les dépôts des particuliers ont tendance à passer de comptes non rémunérés à des comptes rémunérés, de produits du bilan à des produits hors bilan, ou peuvent carrément sortir du champ d’action des banques. Un dernier cas de figure potentiellement plus préoccupant que les autres, pouvant signifier une perte de sources de financement pour les banques.
"À court terme, nous pensons que les banques ont la capacité de s’adapter", estime l’agence de notation Scope Ratings, qui s’est récemment penché sur la question dans une étude. Néanmoins, "pour les établissements les plus exposés à cette tendance, la manière dont elles y répondent demande de l’attention", ajoute-t-elle.
L’enjeu est d’importance. Les conséquences structurelles potentielles sur la rentabilité et la gestion de l’actif et du passif des établissements ne sont pas anodines, pouvant signifier une augmentation des ratios prêts / dépôts et une plus grande dépendance à l’égard des financements de gros.
Des sources de financement plus coûteuses
Une dynamique justement mise en exergue par la dernière enquête sur la distribution du crédit bancaire dans la zone euro. Celle-ci montre bien que l’accès des banques de la zone euro au financement s’est détérioré dans tous les segments de marché au troisième trimestre 2023, en particulier dans le financement de détail. En proportion, 7 % des banques interrogées ont déclaré être exposées à cette dégradation, contre 6 % au trimestre précédent, soit le taux le plus élevé jamais enregistré depuis le premier trimestre 2012.
Pour Scope Ratings, il ne fait ainsi pas de doute que "les dépôts des ménages ont atteint un point d’inflexion", ceux-ci ayant commencé à se rétracter pour la première fois en vingt ans. Avec une logique différente selon qu’il s’agit des clients de détail les plus fragiles, qui vont utiliser leurs dépôts pour compenser la baisse des revenus disponibles réels, tandis que les plus fortunés vont retirer leurs dépôts au profit de produits mieux rémunérés, potentiellement hors du champ bancaire.
Une tendance appelée à se poursuivre qui "obligera les banques à chercher d’autres sources de financement, qui seront probablement plus coûteuses", prévient l’agence de notation. Or il s’agit d’un changement fondamental, l’accès à un financement de détail bon marché constituant un élément clé du modèle économique et de la rentabilité des banques européennes. Les dépôts des ménages représentent en effet la majeure partie des dépôts utilisés pour financer les prêts.
Dans ce contexte, Scope Ratings ne s’inquiète toutefois pas outre mesure à ce stade, soulignant les importants dépôts accumulés par les banques européennes pendant la période de taux d’intérêt bas et pendant la pandémie. Et ce tandis qu’à l’actif des banques, la demande de prêts diminue également, en raison du resserrement des conditions financières et du ralentissement économique.
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