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Banques européennes / bénéfices / Fitch / Conflit Russie-Ukraine

ukraine Les bénéfices des banques européennes vont pâtir de la guerre en Ukraine

UKRAINE. La guerre en Ukraine provoquera un recul de la rentabilité des grandes banques européennes en 2022, le conflit pesant sur les perspectives économiques de la région. La plupart d’entre elles sont toutefois en mesure de faire face aux risques liés au conflit après un très bon cru 2021, estime l’agence de notation Fitch.
Fitch prévoit une baisse des bénéfices des banques européennes en 2022 - Anadolu Agency via AFP
Fitch prévoit une baisse des bénéfices des banques européennes en 2022 - Anadolu Agency via AFP

Les perspectives commerciales et financières des grandes banques européennes vont inévitablement pâtir de la guerre en Ukraine. Les risques de dégradation de leur rentabilité ont sensiblement augmenté depuis fin février, le ralentissement de la croissance et la hausse de l'inflation venant éroder la confiance des entreprises et des consommateurs et affecter les volumes de crédit. Fitch a réduit sa prévision de croissance en zone Euro pour 2022 de 1,5 point de pourcentage à 3%, et sa prévision pour le Royaume-Uni de 1,2 point de pourcentage à 3,8%.

Dans ce contexte, les répercussions du conflit sur la croissance économique devraient entraîner une hausse des provisions pour dépréciation des prêts, prévient l’agence de notation dans son dernier rapport trimestriel sur le secteur bancaire.

Heureusement, ces provisions se situent au plus bas. Le ratio médian des prêts douteux des 20 plus importantes banques européenne a diminué de 0,1 point de pourcentage au quatrième trimestre 2021, pour atteindre 2,4%, inférieur au niveau pré-pandémique, indique l’agence de notation. Partant de ce niveau très faible, l’augmentation de ces provisions devrait s’avérer "facilement gérable ", juge-t-elle ainsi.

Les grands établissements bancaires européens feront face d’autant mieux à la dégradation de la situation qu’ils sortent d’une année 2021 au cours de laquelle leurs résultats ont souvent dépassé les attentes. En termes de solvabilité, avec un ratio CET1 (common equity Tier 1) médian de 15 % à la fin 2021, les banques peuvent voir venir. "La plupart disposent ainsi de réserves importantes, supérieures aux exigences et aux objectifs à moyen terme", souligne Fitch.

Mais si leurs bonnes performances de l’année dernière les ont poussées à se montrer généreuses avec leurs actionnaires, l'augmentation significative de l'incertitude en 2022 pourrait inciter les banques à ne pas renforcer davantage leur politique de distribution, prévient l’agence de notation.

Les premières pertes sur les expositions directes aux contreparties russes devraient faire leur apparition dans les comptes des banques du premier trimestre 2022. Selon les calculs de Fitch, ces pertes sont susceptibles de représenter 30 à 50% des montants d'exposition, en fonction des garanties et des valeurs de collatéral.

En tout, l'agence évalue l'exposition offshore directe globale des 20 plus grandes banques européennes à la Russie et à l'Ukraine entre 30 et 35 milliards d'euros. La Société Générale et UniCredit, les deux banques les plus exposées représentent à elles-seules plus de la moitié de ces montants.

"La plupart des expositions concernent de grandes entreprises et des institutions financières, à l'exception de la SG et d'UniCredit, qui ont également de grandes filiales locales et sont donc plus exposées que les autres. ", explique-t-elle.

Dans la plupart des cas cependant, les expositions directes sont faibles et l'impact devrait être amorti par les importants bénéfices dégagés avant dépréciations. La situation s’annonce facilement gérable, y compris dans les cas de Société Générale et UniCredit. "Même un amortissement complet des investissements des deux banques dans leurs filiales aurait un impact modéré sur les fonds propres ", les expositions à la Russie de chacune des deux banques ne représentant qu'environ 2% de leurs expositions totales, souligne Fitch.

Sur l’ensemble de 2022 et 2023, l’augmentation prévisible des ratios de prêts douteux des grandes banques européennes devrait donc rester modérée et ne pas entraîner de dégradation de leur notation de crédit.

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