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Macro-économie / Taux / bénéfices / Fed / taux d'intérêt

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bénéfices / Fed / taux d'intérêt

Quand la Réserve fédérale américaine se fait hara-kiri pour la bonne cause / Sa politique monétaire lui coûte 50 milliards de dollars de profits

La Banque centrale américaine a vu son bénéfice, au titre de 2022, fondre de moitié. Le relèvement de 425 points de base de son taux d’intérêt directeur l’an passé pour lutter contre l’inflation ne fut pas sans conséquence sur la rémunération de son passif. Les pertes sont inévitables à l’avenir.
Jerome Powell, président de la Réserve fédérale américaine - Liu Jie/XINHUA-REA/XINHUA-REA
Jerome Powell, président de la Réserve fédérale américaine - Liu Jie/XINHUA-REA/XINHUA-REA

L’insouciance ne durera pas pour le compte de résultat de la Réserve fédérale américaine (Fed). Si la Banque centrale de l’Oncle Sam a réalisé un bénéfice de 58,8 milliards de dollars au titre de l’année 2022, il s’affiche en recul de 49,1 milliards de dollars par rapport à 2021, au grand dam du Trésor qui voit lui aussi se réduire de moitié les versements de la part de la Fed auxquels il peut prétendre.

A l’image d’autres Banques centrales dans le monde, c’est la lutte contre l’inflation qui a causé la dégringolade des profits de la Fed. De fait, si ses revenus d’intérêts ont crû de près de 50 milliards de dollars (ils atteignent 170,1 milliards de dollars) au cours de l’année 2022, sous l’effet de la remontée des taux d’intérêt - elle possédait un portefeuille d’un peu plus de 8 000 milliards de dollars de titres à revenu fixe l’an passé qu’elle renouvelle partiellement lorsqu’ils arrivent à échéance.

L’augmentation des taux d’intérêt, sur laquelle elle exerça une certaine influence ayant relevé le sien de 425 points de base en neuf mois pour faire refluer la forte hausse des prix à la consommation, a des conséquences beaucoup moins favorables sur son compte de résultat en raison des répercussions sur le passif de son bilan.

 

Coûteux passif

 

En effet, il implique que les gigantesques dépôts des institutions financières auprès d’elle (aux alentours de 5 500 milliards de dollars lorsque l’on prend en compte les institutions non-bancaires qui ont le droit d’accéder à des opérations de prise en pension inversées représentant un coût pour la Fed) qui se sont accumulés au fur et à mesure des années de programmes d’achats d’actifs massifs, sont rémunérés (à un taux proche du taux d’intérêt directeur).

C’est ainsi que ces dépenses d’intérêts ont progressé de 96,7 milliards de dollars par rapport à l’exercice précédent.

La hausse des taux s’étant étalée sur plusieurs mois, l’impact sur les comptes de la Fed ne se traduit qu’en partie dans la publication de ses résultats annuels. Dans les faits, depuis la fin de l’été dernier, l’institut d’émission a cessé ses versements hebdomadaires au Trésor. Ceci est signe qu’elle a commencé à afficher des pertes et qu’un “actif différé” (deferred asset) a été constitué.

S’élevant à 42,2 milliards de dollars à date (son montant ne fait qu’augmenter semaine après semaine), il devra être comblé par les bénéfices futurs de la Fed avant que les versements au Trésor ne puissent reprendre. Il convient de noter que l’apparition de cet "actif différé" n’a “aucune incidence sur la conduite de la politique monétaire de la Réserve fédérale, sur ses opérations ou sur sa capacité à remplir ses obligations financières”, a prévenu l’institution de Washington.

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