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Macro-économie / Taux / PME / endettement / résultat net / bénéfices

Macro-économie / Taux
PME / endettement / résultat net / bénéfices

La hausse des bénéfices des PME : une illusion d’optique

La politique du “quoi qu’il en coûte” mise en place pour soutenir les entreprises semble avoir fonctionné. En effet, l’Ordre des experts-comptables révèle que la santé financière des PME est plus satisfaisante que prévu, à moins qu’il ne s’agisse uniquement d’un effet trompe-l’œil.
norme comptables - calculette - facture - addition - illustration
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Après examen d’un million de bilans de Petites et moyennes entreprises (PME), l’Ordre des experts-comptables a évalué la hausse de leurs bénéfices à 2 % en moyenne, ce qui semble attester d'une santé financière satisfaisante et d'une “situation beaucoup moins catastrophique que prévu” comme l’a déclaré Lionel Canesi, président de l’Ordre des experts-comptables.

Mais il ne faut pas oublier qu'au cours de cette crise sanitaire - qui a engendré la fermeture des commerces pendant plusieurs mois - les PME sont celles qui ont été les plus aidées, bénéficiant des reports de charges, du chômage partiel et du fonds de solidarité.

Autre limite de cette statistique : sa globalité, qui ne fait aucune distinction entre les secteurs, pourtant touchés de manière inégale par la pandémie. Partiellement ou complètement mis à l’arrêt, la restauration et l'hôtellerie enregistrent un recul de leur activité de 29,2 % et l’évènementiel subit le recul le plus important, à 35,9 %. En revanche, le secteur alimentaire ressort comme le gagnant de cette période, enregistrant une hausse de chiffre d’affaires de 8,8 %.

En outre, le résultat net des PME ne peut être dissocié de leur taux d’endettement. Ce dernier a progressé de 9,2 % entre 2019 et 2020, une évolution jugée "inquiétante" par l’Ordre des experts-comptables qui préconise d’étaler la dette des PME sur 10 ans, sans quoi beaucoup d’entre elles seraient condamnées.

Ainsi, le résultat net positif des PME n’est en réalité qu’un cache-misère de leur véritable santé financière. D’autant qu'après avoir fonctionné à la morphine pendant toute une année, les PME devront affronter au cours des prochains mois l’arrêt des aides en parallèle de l'obligation de remboursement du prêt garanti par l’État (PGE). Tout repose donc désormais sur la reprise de l’économie, qui pourrait signer le redémarrage de leur activité ou leur faillite.


 

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